Affaire Bettencourt: un mémo renforce les soupçons

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Un aide-mémoire destiné à préparer l'audition de Liliane Bettencourt par la police et la justice a été découvert lors d'une perquisition chez la milliardaire. Celle-ci conforte l'accusation d'"abus de faiblesse" contre la femme la plus riche de France.

La juge Isabelle Prévost-Desprez, qui instruit un supplément d'information sur l'accusation d'"abus de faiblesse" contre le photographe François-Marie Banier, détient un document de trois pages, daté du début de l'année 2008.
Confectionnées en février et avril 2008, ces pages recensent les réponses que Liliane Bettencourt devait donner à d'éventuelles questions concernant ses relations avec François-Marie Banier. La fille de Liliane Bettencourt, Françoise Bettencourt-Meyers, venait alors de déposer plainte en décembre 2007 pour abus de faiblesse, soupçonnant l'artiste François-Marie Banier de détourner les fonds de sa mère.
Si l'auteur de ce document n'est pas précisé, il apparaît clairement que ça n'est pas Lilianne Bettencourt. Seules des annotations, reconnaissables par son écriture et l'utilisation habituelle d'encre verte, ont été ajoutées en marge par la milliardaire.

De "petits bouts de papiers"

Le document incite l'héritière de l'Oréal à mettre en avant "une question de jalousie" pour expliquer l'initiative de sa fille. "Mme Bettencourt regrette que sa fille ne comprenne pas que son amitié pour M. Banier n'enlève rien à son affection pour elle", indique encore le texte préparé à l'intention de la vieille dame.
D'autres demandes sont anticipées. "Avez-vous des comptes à l'étranger ?" Réponse : "Non" - on sait aujourd'hui qu'elle en détenait deux en Suisse. "A-t-elle donné directement ou indirectement l'île d'Arros ?" Réponse : "Non, je n'en suis que locataire..." Il est acquis aujourd'hui que la milliardaire avait acheté cette île aux Seychelles via une société-écran immatriculée au Liechtenstein...

Cette découverte vient renforcer le témoignage de Dominique Gaspard, femme de chambre de Liliane Bettencourt de 1991 à fin 2008, entendue, le 23 juillet, par la juge Prévost-Desprez, puis le 31 août, par les policiers, en qualité de témoin. Celle-ci avait alors parlé de l'existence de "petits bouts de papiers" utilisés par Patrice de Maistre et François-Marie Banier pour exercer leur emprise sur la milliardaire.
Ces informations ont été révélées par Le Point et Le Monde ce lundi.

 

VG

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