Affaire Bettencourt: Eric Woerth mis en examen pour trafic d'influence passif

Montage photo: Liliane Bettencourt et Eric Woerth
Montage photo: Liliane Bettencourt et Eric Woerth - © FRED DUFOUR / JACQUES DEMARTHON (AFP)

Eric Woerth a été mis en examen (inculpé), dans l'affaire Bettencourt. L'ex-ministre du Budget a été évincé du gouvernement en 2010 à cause de cette affaire à rebondissements.

Ancien ministre du Travail, ancien trésorier du parti UMP du président Nicolas Sarkozy, Eric Woerth "a été mis en examen du chef de trafic d'influence passif", selon un communiqué le parquet de Bordeaux.

Les faits remontent à 2007 à l'époque où Eric Woerth était trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy. A cette époque, il aurait reçu des enveloppes de l'héritière de l'Oréal, bien au-dessus du seuil autorisé pour le financement politique.

Eric Woerth mis en examen, c'est un peu le candidat Sarkozy de 2007 qui est mis en examen car la comptable de la milliardaire est formelle : elle a remis 50.000 euros à Eric Woerth en 2007. Il était alors le trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy. L'enveloppe a transité par le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre. La comptable l'explique dans un entretien accordé à France 2 : "Il me dit, j'ai besoin de 150.000 euros. Alors je lui demande, pour quoi faire et il me dit, je dois donner ces 650.000 euros à Monsieur Woerth pour la campagne électorale de Monsieur Sarkozy."

La comptable affirme que 100.000 euros ont aussi profité à la campagne de Nicolas Sarkozy. Mais cette somme-là aurait transité par un compte en Suisse. Les écoutes qui proviennent du bureau de la milliardaire, en attestent. En voici un extrait diffusé par Médiapart lorsque l'affaire a éclaté. On entend le gestionnaire de fortune s'adresser à Liliane Bettencourt: "Alors lundi, je pars en Suisse parce que vous avez un compte en Suisse et que vous savez qu'on n'a plus droit d'avoir des comptes en Suisse."

Le financement politique illégal se précise. Et si la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 est entachée, elle plombe aussi celle 2012. Car le Président sortant apparaît comme un candidat porté au pouvoir par les puissances d'argent.

Charline Vanhoenacker à Paris


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