Affaire Benalla: "Le responsable, c'est moi, qu'ils viennent me chercher", stratégiquement bien joué de Macron?

Mardi soir, devant les députés de son mouvement, Emmanuel Macron a commenté pour la première fois l'affaire Benalla qui secoue la France depuis plusieurs jours, ce mardi soir à la Maison de l’Amérique latine.

"Le seul responsable, c'est moi. Qu'ils viennent me chercher", a-t-il déclaré. "Ce qui s'est passé le 1er mai est grave, sérieux. Et ça a été pour moi une déception, une trahison. Personne, personne auprès de moi ou dans mon cabinet n'a jamais été protégé ou soustrait aux règles, aux lois de la République, au droit de tous les citoyens. S'ils cherchent un responsable, le seul responsable, c'est moi et moi seul. C'est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C'est moi qui ai confirmé la sanction. Ça n'est pas la république des fusibles, la république de la haine. On ne peut pas être chef par beau temps. S'ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu'ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français".

Au sujet de M. Benalla, le président a aussi affirmé ne pas oublier "qu'il a été un militant très engagé pendant la campagne" à la présidentielle, mais il a dit avoir "ressenti les actes du 1er-Mai comme une déception et une trahison".

Une image durablement écornée

Pour Pierre Marlet, observateur attentif de la politique française pour la RTBF, l'affaire Benalla est ainsi devenue l'affaire Macron: "Au fil des auditions, tous les protagonistes en commission d'enquête ont dit que tout remontait vers l'Elysée, et Emmanuel Macron, sur le modèle de Louis XIV nous dit 'l'Etat, c'est moi', "c'est moi le chef, j'assume mes responsabilités", ce qui peut plaire aux français, ce côté bravache, "qu'ils viennent me chercher". Il peut marquer des points avec ce ton martial".

Et ce d'autant... qu'il ne risque pas grand'chose, puisqu'il jouit d'une immunité complète: "Il l'a d'ailleurs dit: 'je suis responsable devant les Français', sous-entendu pas devant les commissions d'enquête, pas devant le Parlement. Certains diront qu'il est plus facile de jouer les durs quand on ne risque rien".

Alors, coup de maître ou pas? "Beaucoup de Français trouvent que cette affaire prend trop d'importance sur le plan médiatique, peut-être que là, il y a un espoir pour Macron de la voir s'éteindre, mais il n'en sortira pas indemne, son image en sortira écornée, d'une part parce qu'il a parlé de trahison à son égard, ce qui suppose une certaine naïveté à laquelle il ne nous avait pas habitué et d'autre part pour cette impression de flou, de privilèges envers Benalla, loin de la république exemplaire qu'il a tant vantée pendant sa campagne"

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