AfD, le succès de l'extrême-droite allemande née de l'euroscepticisme

AfD, le succès de l'extrême-droite allemande née de l'euroscepticisme
AfD, le succès de l'extrême-droite allemande née de l'euroscepticisme - © DANIEL BOCKWOLDT - AFP

Pour la chancelière Angela Merkel, la défaite est aussi amère que symbolique. Son parti, la CDU est devancé par la formation d'extrême-droite AfD lors des élections dans le land Mecklembourg-Poméranie occidentale. Une défaite symbolique puisqu’il s’agit du fief de la chancelière. Avec 20,8% des voix, l’AfD obtient la deuxième place derrière les socialistes du SPD (30%) mais il apparaît comme le véritable vainqueur du scrutin, trois ans après sa création.

2013, un parti anti-euro

Le parti est jeune. Pourtant, en quelques années, il a eu le temps de changer radicalement d’identité et d’électorat. Lors de sa création en 2013, l'AfD est avant tout un parti de professeurs. C’est d’ailleurs le surnom qui lui est donné à ce moment-là. Il est fondé par des économistes, des juristes, des hauts fonctionnaires dont le cheval de bataille est l’euro ou plutôt la sortie de l’euro et le retour au Deutschemark. C'est de cette alternative dont il est question dans le nom du parti. Son porte-parole, Bernd Lucke (ancien membre de la CDU) est lui-même un économiste. L'électorat à l’époque, se trouve essentiellement dans les milieux conservateurs et plutôt aisés de l’ex-Allemagne de l’Ouest.

La conquête d'un électorat populaire

Aujourd’hui l’électorat de l’AfD est très différent, à l’opposé dans la société allemande. Selon une étude d’un centre de recherche allemand, depuis un an, c’est auprès des chômeurs, des ouvriers, des jeunes et des habitants de l’ex-Allemagne de l’Est que le parti a le plus progressé. Le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale où l’on votait dimanche se trouve d’ailleurs sur le territoire de l’ancienne RDA. Plus jeune, plus pauvre… cet électorat est également plus nombreux, ce qui explique cette progression dans les urnes.

La stratégie xénophobe

Pour élargir sa base, le parti a progressivement changé de thèmes de campagne. D’un euroscepticisme avant tout économique, l’AFD est passé à un populisme anti-establishment aux relents xénophobes.

Depuis un, depuis qu’Angela Merkel a engagé l’Allemagne dans une vaste politique d’accueil des réfugiés, ce déplacement idéologique et l’écho de son discours anti-immigration n’ont fait que prospérer.

Le parti ratisse donc désormais plus large, notamment auprès de ceux qui votaient déjà pour des formations d’extrême-droite. Ainsi là où l’ADP progresse, le parti néonazi NPD, lui, recule. Toutefois, son succès réside davantage dans sa capacité à mobiliser ceux qui jusque-là s’abstenaient dans les urnes. L'AfD apparaît comme un débouché valable pour ceux qu’aucune formation traditionnelle ne convainc.

Une menace pour Angela Merkel

À un an des prochaines élections législatives, difficile de ne pas y voir un présage ou du moins un avertissement pour Angela Merkel. La menace de l’AdP, crédité de 12% d'intention de vote, constitue en tout cas un argument de poids pour les détracteurs de la chancelière au sein de son parti, la CDU.

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