Adhésion Macédoine du Nord et Albanie : feu vert des ministres UE à l'ouverture de négociations d'adhésion

Adhésion Macédoine du Nord et Albanie: feu vert des ministres UE à l'ouverture de négociations d'adhésion (ministre allemand)
Adhésion Macédoine du Nord et Albanie: feu vert des ministres UE à l'ouverture de négociations d'adhésion (ministre allemand) - © GENT SHKULLAKU - AFP

Les ministres de l'UE en charge des Affaires européennes ont donné leur feu vert mardi à l'ouverture de négociations d'adhésion avec l'Albanie et la Macédoine du Nord, après plusieurs mois de blocage. "Bonne nouvelle en cette période difficile", a tweeté le secrétaire d'Etat allemand Michael Roth, qualifiant cette décision de "gagnante-gagnante" pour l'UE et les Balkans occidentaux. "Félicitations à Tirana et Skopje, vous l'avez mérité", a-t-il ajouté.

Les vingt-sept Etats membres de l'Union européenne sont donc désormais d'accord d'ouvrir des négociations d'adhésion avec l'Albanie et la Macédoine du Nord, quelques mois après le blocage d'une poignée d'entre eux. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont ainsi ouvert à Tirana et Skopje la porte de l'antichambre de l'Union.

Le Conseil (Etats membres) rejoint ainsi la position de la Commission et du Parlement, gagnés depuis longtemps au lancement du processus de négociation avec ces deux petits pays des Balkans occidentaux.

Au sommet d'octobre dernier, le président français Emmanuel Macron avait bloqué, avec quelques autres pays, une décision favorable. Ce refus européen a conduit le Premier ministre nord-macédonien, le social-démocrate Zoran Zaev, à convoquer des élections qui sont prévues pour le 12 avril, avec le souhait de demander aux électeurs de valider sa stratégie politique.

La France réclamait une révision de la méthode d'adhésion afin de mettre davantage l'accent sur les contrôles des réformes fondamentales tout au long de la procédure. Une nouvelle approche, formulée il y a quelques semaines par la Commission européenne, a fini par convaincre tous les États membres.

L'accord de ce mardi doit être soumis aux chefs d'Etat et de gouvernements qui devront donner mandat à la Commission européenne de préparer un cadre de négociations. Ce cadre de négociations devra être entériné lors d'un sommet européen et une date sera alors décidée pour l'ouverture des négociations.

Mais la route sera encore difficile et incertaine pour l'Albanie, car l'Allemagne et les Pays-Bas ont exigé de Tirana des réformes à accomplir avant l'ouverture formelle des négociations.

L'Albanie doit adopter une réforme électorale, assurer un financement transparent des partis politiques et des campagnes électorales.

Elle doit également poursuivre la mise en œuvre de la réforme judiciaire, notamment en assurant le fonctionnement de la Cour constitutionnelle et de la Haute Cour, et finaliser la mise en place des structures spécialisées dans la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, précise le projet d'accord.

Ces réformes devront avoir été réalisées avant la conférence intergouvernementale qui lancera officiellement l'ouverture des négociations.

Mais le processus d'adhésion va prendre des années pour ces deux pays et la grande question qui va se poser sera la capacité de l'Union européenne de les intégrer et d'en accepter de nouveaux, selon un diplomate.

Actuellement, l'UE mène des pourparlers d'adhésion avec la Serbie, le Monténégro et la Turquie, mais ils sont en léthargie concernant ce dernier pays. L'Albanie est candidate depuis 2014 tandis que la Macédoine du Nord a introduit sa demande en 2005. Ce pays, ex-"Ancienne république yougoslave de Macédoine", a notamment accepté de changer de nom pour apaiser les tensions récurrentes avec Athènes.

Gilles le Suisse en Macédoine du Nord (2019)

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