Adélaïde Charlier, Anuna De Wever et Luisa Neubauer : "Convaincre Angela Merkel de devenir la chancelière du climat"

Ce jeudi Matin Prem1ère accueille Adélaïde Charlier, Anuna De Wever et Luisa Neubauer. Depuis Berlin où elles se trouvent en compagnie de Greta Thunberg afin de rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel, les jeunes militantes pour le climat font le point sur l'appel qu’elles ont lancé aux chefs d’État et de gouvernement européens afin qu’ils prennent des mesures urgentes afin de prévenir une catastrophe climatique.

Dans cette lettre ouverte, elles exigeaient, entre autres, l’arrêt des investissements et des subventions dans les combustibles fossiles. Une missive signée par plus de 120.000 personnes, dont la militante pakistanaise pour les droits humains, Malala Yousafzaï, et l’acteur américain Léonardo Di Caprio.

Rencontre avec Angela Merkel

Une première pour ces jeunes femmes que cette rencontre avec Angela Merkel, et un signal pour Adélaïde Charlier pour qui : "L’Europe doit entendre ces demandes nécessaires afin d’atteindre les accords de Paris. Accords signés par les pays européens mais aussi presque tous les pays du monde."

Lors de cette rencontre, les militantes aimeraient "convaincre Angela Merkel de devenir la chancelière du climat, d’utiliser sa dernière année pour aller le plus loin possible, de devenir la leadeuse."

D’autant plus, précise Adelaïde Charlier, qu’en tant que détentrice de la présidence européenne jusqu’à la fin de l’année elle peut donner l’impulsion afin de mener des actions concrètes beaucoup plus fortes, dans la lignée de celles demandées par le mouvement des jeunes pour le climat.

Il faut vraiment arrêter de minimiser les mobilisations énormes

Des demandes supportées par de nombreuses personnes à travers le monde mais également de nombreuses personnalités. Une implication qui n’étonne guère Anouna de Wever : "Car c’est une lettre qui va droit au but, afin de continuer à convaincre après deux ans d’engagement et de mobilisations soutenues par la notoriété de ces personnalités".

Certains soulignent cependant que 120.000 signataires, à l’échelle de la planète, voire de l’Europe ce n’est pas beaucoup, voire peu. Un argument balayé d’un revers de la main par les jeunes militantes : "Il faut vraiment arrêter de minimiser les mobilisations énormes. C’est une lettre très concrète, une lettre qui pourrait paraître trop extrême et pourtant ce sont ce sont les demandes nécessaires afin d’atteindre les accords de Paris. Ces demandes paraissent impossibles mais il y a 120.000 citoyens qui veulent y aller. L’idée est de montrer que ces 120.000 personnes sont prêtes à faire ce pas qui peut faire peur. C’est énorme et on fait l’appel à tous les citoyens d’Europe et du monde de signer cette lettre", souligne Adélaïde Charlier.

Se faire entendre et écouter

Un pas "qui fait peur", et qui tarde à arriver malgré les appels. Deux ans après les premières scolaires, n’y a-t-il pas le risque d’une certaine lassitude ? Là aussi, l’importance de continuer la mobilisation ne fait pas l’ombre d’un doute pour les quatre jeunes femmes et ceux qui les soutiennent. "Il y a d’autres moyens de continuer la mobilisation, de continuer à mettre la pression sur le politique et de conscientiser les citoyens. Cette rencontre aujourd’hui est un moyen d’action. C’est important on doit pouvoir communiquer cette mobilisation. On a besoin d’aide aussi de la part des médias afin de communiquer".

L’Allemagne point de départ ?

L’Allemagne, premier pays européen à montrer sa volonté à vouloir s’impliquer dans la question climatique. Un signal fort pour le plus grand pays d’Europe mais aussi l’un des plus gros pollueurs comme le précise Luisa Neubauer. Et d’ajouter : "Si l’Allemagne ne s’engage pas aujourd’hui qui va pouvoir le faire, d’autant plus en ayant pris la présidence tournante de l’Union européenne ?"

Les décisions prises lors des prochains mois seront-elles celles attendues ? Notamment les objectifs de réduction des émissions pour 2030, ceux relatifs à la relance post-coronavirus et les budgets des sept prochaines années.

Il ne nous reste que très peu de temps

Hier encore, les quatre pasionarias ont enfoncé le clou en publiant une carte blanche au vitriol dans The Guardian, rappelant que cela fait plus de 2 ans que les grèves scolaires ont commencé, et pourtant "le monde est toujours dans un état de déni de la crise climatique […] Nous pouvons tenir autant de réunions et de rencontres que nous le voulons, la volonté de changer n’est nulle part. La société doit commencer à traiter cela comme une crise."

Pour elles, il n’y a plus le choix, l’urgence climatique est une crise au même titre que celle du coronavirus, une crise au long terme qui mérite d’être au centre de l’attention chaque jour. "Il ne nous reste que très peu de temps pour la régler. Elle est toujours si importante, surtout dans cette période post-coronavirus, c’est important de parler du climat qui revient au centre de l’attention. Même si la crise du corona doit être résolue en tant que crise, mais la question climatique également, contrairement à ce qui est le cas actuellement".

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