Accord iranien: à force de vouloir isoler l'Iran, Donald Trump se retrouve seul

Accord iranien : à force de vouloir isoler l’Iran, Donald Trump se retrouve seul
Accord iranien : à force de vouloir isoler l’Iran, Donald Trump se retrouve seul - © DON EMMERT - AFP

Hier dans son discours à l’Assemblée générale des Nations-Unies, le président américain n’a pas été tendre avec les Iraniens. Il en a aussi profité pour annoncer dans la foulée toute une série de nouvelles sanctions à l’égard de l’Iran. Mais selon Vincent Eiffling, chercheur au Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP), si l’objectif de la prise de parole Donald Trump était de montrer à quel point l’Iran est isolé, c’est en fait la solitude des États-Unis aujourd’hui qui saute aux yeux.

Miser sur l’unilatéralisme et mettre la pression sur les entreprises américaines mais aussi celles qui profitent du marché américain et qui commercent avec l’Iran, c’est manifestement la stratégie adoptée par Donald Trump pour mettre à mal l’accord sur le nucléaire iranien. Une stratégie, qui d’un côté, semble fonctionner puisque certaines entreprises plient, comme c’est le cas du pétrolier français Total ou de l’Allemand Daimler

Mais selon Sebastian Santander, professeur en sciences politiques à l’ULg, d’un autre côté, cette approche de confrontation implique sur le long terme que les États-Unis sont en train de se mettre à dos toute une série d’acteurs. "Des acteurs qui auparavant pouvaient être considérés comme des alliés, comme c’est le cas pour l’Union européenne par exemple, mais aussi des acteurs qui pèsent lourds aussi sur la scène économique et commerciale internationale" précise-t-il dans Soir Première.

Les ennemis de mes ennemis sont mes amis

C’est le cas notamment de la Chine et de la Russie. "La façon de faire de Donald Trump gène les acteurs internationaux, et on voit que cela rapproche ces acteurs" dit le chercheur au GRIP, Vincent Eiffling. Pour faire bloc face à Donald Trump et à sa politique du poing sur la table, les pays se rapprochent et forment un front "même si on sait bien qu’il y a des tensions entre l’Union européenne, la Russie et la Chine sur d’autres dossiers" ajoute le professeur en sciences politiques.

Selon Sebastian Santander, l’accord iranien ne pourra d’ailleurs tenir qu’à condition que le front formé par l’Union européenne, la Chine et la Russie continue de soutenir cet accord.

Trouver un terrain d’entente pour "contrer" et isoler Donald Trump, c’est aussi la stratégie que semblent avoir adopté les Européens. Les pays-membres qui, bien souvent, ont beaucoup de mal à s’entendre sur une politique extérieure européenne mais qui, sur le dossier iranien, "ont toujours été unis depuis l’arrivée du milliardaire à la Maison Blanche" précise Vincent Eiffling.

L’opposition aux États-Unis permettrait-elle alors de mettre en place une véritable politique extérieure européenne ? L’affirmer serait aller un pas trop loin selon le professeur en sciences politiques, même s’il admet que cette réaction à la politique menée par les États-Unis pourrait avoir des effets positifs pour cette politique extérieure européenne. 

Vincent Eiffling et Sebastian Santander étaient les invités d’Arnaud Ruyssen dans Soir Première.

Récoutez le débat "Accord iranien : l’Europe peut-elle faire le poids face aux USA?" 

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