Accord de la COP21: Hollande veut aller plus loin, les réactions pleuvent

Le président Français a promis de réviser les engagements de la France en matière de réduction des gaz à effet de serre (GES) avant son entrée en vigueur en 2020.
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Le président Français a promis de réviser les engagements de la France en matière de réduction des gaz à effet de serre (GES) avant son entrée en vigueur en 2020. - © MIGUEL MEDINA - AFP

Le président Français a promis samedi, dans la foulée de la conclusion de l'accord de Paris sur le climat, de réviser les engagements de la France en matière de réduction des gaz à effet de serre (GES) avant son entrée en vigueur en 2020. "Je m'engage au nom de la France à réviser au plus tard en 2020 nos engagements de réduction d'émissions de gaz à effet de serre", a déclaré François Hollande, lors de la clôture de la conférence de Paris sur le climat, au Bourget. "Dès demain, je ferai la proposition que les pays qui veulent aller plus vite puissent réactualiser avant 2020 tous leurs engagements", a-t-il ajouté.

La date de première révision des engagements nationaux des 195 pays de la convention des Nations unies sur le climat a été un des sujets les plus débattus de la COP21. "Je m'engage à réviser la contribution financière (de la France), notamment pour les pays les plus vulnérables, pour l'adaptation", a-t-il poursuivi.

"Je m'engage, avec d'autres pays, s'il veulent nous rejoindre, pour former une coalition pour aboutir à un prix du carbone pour que les investissements puissent être réorientés." L'absence de référence directe à la question de la tarification du carbone dans l'accord de Paris (il n'en est fait mention que dans la décision qui accompagne l'accord) est l'un des regrets des organisations de défense de l'environnement.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a également salué "une avancée décisive". "Les gouvernements doivent maintenant faire entrer les mots dans les faits", a-t-elle ajouté, soulignant notamment l'importance de la question de la tarification du carbone.

Marie-Christine Marghem: "Un tournant"

Conclu samedi soir par 196 pays, Il "marque un tournant et apporte un message d'espoir pour l'avenir de la planète", réagit la ministre fédérale de l'Energie, du Climat et du Développement durable, Marie Christine Marghem.

Les "engagements majeurs" pris dans cet accord, comme la volonté de limiter le réchauffement climatique bien au-dessous des 2°C par rapport à l'ère préindustrielle avec des efforts supplémentaires pour se rapprocher de 1,5°C, et l'inventaire mondial des contributions nationales prévu en 2023 et par la suite tous les cinq ans, "montre la volonté des parties à l'accord de lutter durablement contre le réchauffement climatique", poursuit Mme Marghem, estimant que "cela augure des mesures concrètes, en particulier en matière de transition énergétique ".

La ministre belge salue aussi la décision prise de fixer avant 2025 un nouveau financement collectif par les pays développés de minimum 100 milliards par an afin de répondre aux besoins des pays en développement.

A l'instar de plusieurs de ses homologues, la ministre belge salue enfin "l'excellent travail" fourni tout au long des négociations par la présidence française de la COP21.

"Tournant historique" pour Fremault

"Ce texte marque un tournant historique dans la politique climatique internationale", a souligné samedi soir la ministre bruxellois de l'Environnement, Céline Fremault, qui était présente cette semaine à la COP 21, dont les 196 pays ont finalement adopté, samedi soir par consensus, un accord mondial destiné à lutter contre le réchauffement climatique.

Pour Céline Fremault, l'accord de Paris est universel car "celui-ci va au-delà de la réduction d'émissions d'une petite quarantaine d'Etats" et ambitieux car " il reprend un objectif à long terme qui se veut plus fort que les 2° C mentionnés par le GIEC".

"L'accord de Paris n'est pas une fin en soi mais c'est un tournant majeur. Nous sommes maintenant sur la voie qui peut nous mener vers une société plus respectueuse de sa planète, plus sûre et plus juste", ajoute Céline Fremault. Et de conclure: "Je remercie, par ailleurs, la Présidence française pour sa grande rigueur et son volontarisme inlassable lors des négociations".

Ecolo salue dans la nuance

Ecolo salue "l'adoption par la communauté mondiale d'un accord contraignant et universel sur le climat et félicite l'implication déterminée de la France dans ce succès diplomatique historique", a indiqué Ecolo, samedi soir dans un communiqué, à l'issue de l'accord sur le réchauffement climatique conclu à Paris lors de la COP 21.

"L'importance, la complexité et les nuances de cet accord appelleront des analyses et commentaires approfondis1, mais d'ores et déjà Ecolo se réjouit du fait que la volonté de poursuivre les efforts pour limiter l'augmentation à 1,5°C figure dans l'accord comme objectif ambitieux", soulignent les écologistes.

Ecolo apporte quelques bémols à l'accord de Paris. Les écologistes regrettent que "l'objectif de décarbonation ne figure pas dans l'accord de Paris et qu'il ne soit pas fait mention des sources d'énergie renouvelable comme outil essentiel pour sortir des énergies fossiles".

Les écologistes regrettent aussi l'absence d'objectifs pour la réduction d'émissions de CO2 dans l'aviation et le transport maritime.

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