Accord au sommet européen: quel véritable impact pour l'Espagne?

Mariano Rajoy lors du sommet européen de cette semaine
Mariano Rajoy lors du sommet européen de cette semaine - © BERNAL REVERT - Belga

Le sommet européen organisé cette fin de semaine à Bruxelles a accouché d'un accord sur la supervision des banques de la zone euro. L'idée est de confier la supervision de toutes les banques de la zone euro à la Banque centrale européenne (BCE) et de rendre le système progressivement opérationnel à partir du 1er janvier prochain. Et l'Espagne dans tout ça ? A -t-elle obtenu une recapitalisation directe des banques ? Pas tout à fait...

C'est Madrid et Rome qui en juin avaient poussé à un accord des gouvernements sur un système de recapitalisation directe des banques de la zone euro. La raison en était simple, les banques espagnoles, en difficulté, en avaient besoin et ce système permettait à l'Etat de ne pas devoir s'endetter pour aider son secteur bancaire. Les 27 ont alors donné leur feu vert si le système d'aide directe aux banques était associé à un système de surveillance.

Un plan dont l'Espagne ne profitera sans doute pas car les dirigeants européens ont décidé de confier la supervision des banques à la BCE dès janvier mais la mise en place pratique du mécanisme se fera progressivement tout au long de 2013 et il ne sera totalement opérationnelle qu'en 2014. Sans doute trop tard pour l'Espagne.

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, ne semblait pas s'en émouvoir à l'issue du sommet : "La recapitalisation directe des banques, il y a quelque mois, ça ne signifiait rien. C’était un concept tout simplement inexistant. Et bien, aujourd’hui, on parle de la recapitalisation bancaire. C’était une possibilité en juin. Et maintenant, elle est plus concrète puisqu’on a chargé l’Eurogroupe de déterminer comment concrètement elle doit se faire. Et comme l’a rappelé le commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn, lors d’une conférence de presse, je suis convaincu que lorsque le mécanisme de supervision entre en fonction, ça se passera comme ça été annoncé. Cela dit au final, elle représente 4% du PIB pour l’Espagne, ce n’est pas non plus la préoccupation la plus importante du gouvernement espagnol. Ce qui est important, c’est qu’il y ait une union  bancaire et une recapitalisation bancaire et des règles pour tous."

 

Les Européens se sont déclarés prêts à prêter jusqu'à 100 milliards d'euros à Madrid. Le besoin de recapitalisation des banques espagnoles a, lui, été évalué à 60 milliards d'euros. Mais l'Espagne est toujours persuadée être capable de s'en sortir seule.

 

Africa Gordillo

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