Accident dans une mine en RDC: l'armée en renfort, des "creuseurs" en colère

Vue aérienne de Kolwezi, en 2006
Vue aérienne de Kolwezi, en 2006 - © Eric LALMAND - BELGA

L'armée congolaise s'est déployée autour du site d'une filiale de la multinationale Glencore à Kolwezi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, où des mineurs artisanaux affirment avoir été expulsés après un effondrement meurtrier la semaine dernière.

Des centaines de ces "creuseurs" ont d'ailleurs manifesté leur colère jeudi à Kolwezi, réclamant leur propre site pour exploiter les deux richesses de cette partie du Katanga, le cuivre et le cobalt.

"Glencore confirme que les Forces armées de la République démocratique du Congo (Farc) sont dans la zone autour des opérations de Kamoto copper company (KCC)", a indiqué le géant suisse du négoce des matières premières.

La filiale de Glencore KCC a demandé de la "retenue" à l'armée congolaise, ainsi que le respect "des principes liés à l'utilisation proportionnée de la force et à la fourniture de l'aide médicale".

Cette intervention "fait suite à une présence croissante de mineurs artisanaux illégaux à travers les concessions minières dans la région de Kolwezi, ce qui a conduit au tragique accident sur le site de KCC le 27 juin 2019", a ajouté Glencore.

Une quarantaine de mineurs artisanaux sont morts jeudi dernier dans l'effondrement d'une galerie sur ce site, d'après le gouverneur de la province du Lualaba Richard Muyej.

Le président de la République Félix Tshisekedi avait demandé "une enquête pour établir les responsabilités". Le ministre de l'Intérieur par intérim Basile Olongo avait pointé la responsabilité de "voleurs".

"L'armée vient de nous déloger de force dans la mine de Kov appartenant à KCC après le récent éboulement. Où allons nous travailler ? ", a déploré l'un des manifestants, Léon Tshimanga, joint au téléphone par un correspondant de l'AFP. "Nous exigeons du gouverneur Richard Muyej une mine riche en cobalt et cuivre pour l'exploitation artisanale", a-t-il ajouté.

Cette revendication est reprise par un collectif d'organisations de défense des droits de l'homme.

Des manifestants ont été arrêtés, ont indiqué des sources sécuritaires, qui leur reprochent d'avoir "saccagé un bureau de la police".

Ce type de conflit est fréquent dans un pays où la richesse du sous-sol n'a d'égale que la pauvreté de la population.

En 2015, une équipe du Journal télévisé avait accompagné des creuseurs qui travaillent en toute clandestinité, au péril de leur vie, sans aucune protection sociale

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