A380: les raisons de l'échec d'un fleuron européen

C'était le fleuron d'Airbus, le plus gros avion civil jamais construit, une véritable prouesse technologique qui permet d'emmener 500 à 850 passagers sur une distance plus de 15.000 kilomètres. Et pourtant, l'A380, présenté en 2005 n'arrivera jamais à l'âge adulte. Sa production cessera en 2021.

Pourquoi Airbus laisse-t-il tomber l'A380?

La faiblesse des ventes aura finalement eu raison de l'A380. Boudé par les compagnies, le programme A380 a été maintenu en vie ces trois dernières années grâce à un ralentissement du rythme de production passé à un exemplaire par mois en 2018, contre un total de 27 sur l'ensemble de l'année 2015. Il y a un an, le principal client de ce modèle, Emirates, lui avait offert une bouffée d'oxygène avec une nouvelle commande de 36 avions qui devait assurer la pérennité du programme. Mais l'espoir a été de courte durée puisque la compagnie du Golfe a finalement décidé de réduire ses commandes, douchant définitivement les espoirs de survie du plus gros avion de ligne au monde.

"C'est la fin de ce gros porteur quadri réacteur, je parle de la fin de la production mais non de la fin du programme" puisque l'avion continuera à voler "jusqu'à 2030" chez Emirates, a déclaré Tom Enders, le président exécutif d'Airbus.

Airbus assurait qu'il réussirait à vendre 700 à 750 A380, dont chaque exemplaire coûte aujourd'hui 446 millions de dollars (396 millions d'euros) au prix catalogue, mais les commandes d'A380 ont à peine franchi le seuil des 300.

Bien que ses fervents partisans, comme Emirates, assurent que l'A380 est rentable quand ses 544 places sont occupées, chaque siège vide creuse potentiellement un trou dans les finances des compagnies aériennes en raison du carburant nécessaire pour faire voler l'énorme structure à deux étages. "C'est un avion qui effraie les directeurs financiers des compagnies aériennes, le risque de ne pas vendre autant de places est tout simplement trop élevé", souligne un haut responsable de l'industrie aérospatiale.

Airbus s'est entêté à croire que les déplacements entre les mégapoles domineraient le transport aérien. Les faits ne lui ont pas donné raison.

Quelle alternative pour les compagnies?

La fin de l'A380 marque le pari raté d'Airbus, qui n'a pas vu venir le tournant des bi-réacteurs long-courrier de moyenne capacité comme le 787 de Boeing, auquel il a ensuite répliqué avec son A350. Ces appareils de nouvelle génération ont bouleversé le transport aérien en offrant aux passagers de se déplacer directement d'un point à un autre du globe sans passer par les gros "hubs" desservis par les très gros porteurs.

Face à ce géant, le 787 "Dreamliner" de Boeing, entré en service en 2009, s'est envolé avec 1.421 exemplaires commandés à ce jour.

C'est bien ce que recherchent aujourd'hui les compagnies aériennes: des avions d'environ 300 passagers, plus abordables, et plus économes en carburant. Aujourd'hui, le carnet de commandes des A350 ne désemplit pas. C'est d'ailleurs ce modèle qu'Emirates a préféré à l'A380...

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