A Strasbourg, Emmanuel Macron plaide pour une "souveraineté réinventée" de l'Europe

Le président français Emmanuel Macron
Le président français Emmanuel Macron - © FREDERICK FLORIN - AFP

Le président français Emmanuel Macron a réclamé mardi, lors d'une intervention devant le Parlement européen sur l'avenir de l'Union, des résultats tangibles dans plusieurs domaines avant les élections de 2019, notamment la création d'un programme soutenant directement les collectivités locales qui accueillent et intègrent les réfugiés. La France, a-t-il ajouté, est prête à augmenter sa contribution au budget de l'UE après le Brexit, si elle accepte de se réformer.

Le président français était attendu dans l'hémicycle strasbourgeois, lui dont les propositions lancées à la Sorbonne en septembre dernier pour relancer le projet européen rencontrent plus de réticences qu'il ne l'espérait.

A Strasbourg, Emmanuel Macron a tenu un nouveau et vibrant plaidoyer en faveur de la coopération européenne, dénonçant notamment les nationalismes, les régimes autoritaires et l'"illibéralisme". "J'appartiens à une génération qui n'a pas connu la guerre mais est en train de s'offrir le luxe d'oublier ce que ses prédécesseurs ont vécu", a-t-il mis en garde.

"Souverainetés européennes"

Face aux souverainetés nationales, il a souligné le besoin de "souverainetés européennes" en matière de défense, de commerce, de climat et d'énergie, de santé et d'alimentation, de protection des données numériques ou de protection sociale (détachement de travailleurs).

L'immigration fait partie des "quatre fronts" sur lesquels Emmanuel Macron veut voir l'Union engranger des résultats avant le rendez-vous électoral du printemps 2019, avec notamment la création d'un programme soutenant directement financièrement les collectivités locales qui accueillent et intègrent les réfugiés.

Il faut "débloquer le débat empoisonné sur le 'règlement de Dublin' et les relocalisations, mais aussi dépasser ce débat, en construisant la solidarité interne et externe dont l'Europe a besoin", a-t-il dit.

Les États membres de l'UE se sont donné jusqu'en juin pour s'accorder sur une réforme du "règlement Dublin", qui désigne quel pays a la responsabilité de traiter une demande d'asile faite en Europe. Ce dispositif décrié la confie presque toujours à ceux de première entrée dans l'UE, faisant peser une charge démesurée sur des pays comme la Grèce et l'Italie, mais sa réforme est enlisée depuis près de deux ans.

Un autre front porte sur la taxe des géants du numérique, qui doit viser selon le président français "les excès les plus choquants" et aider à soutenir les pistes de ressources propres pour le budget européen, autre thème cher au locataire de l'Élysée.

Les deux autres fronts sont la réforme de l'Union économique et monétaire (UEM), passant par la mise en place d'une capacité budgétaire facilitant la convergence dans la zone euro, ainsi que des instruments permettant de développer une "culture commune" (université européenne, déploiement d'Erasmus, mais aussi un dossier actuellement bloqué: les droits d'auteur, instrument protecteur du "génie créatif").

La France, a ajouté le président Macron, est prête à augmenter sa contribution au budget de l'Union, à condition de refonder le budget en créant de nouvelles ressources propres (dans les domaines numérique ou énergétique), en renonçant définitivement aux rabais tels que celui dont a bénéficié le Royaume-Uni, ou encore en définissant des critères de convergence en matière fiscale et sociale.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a immédiatement salué, avec "émotion et amitié", le discours du président français. "La vraie France est de retour", a-t-il lancé.

Extraits du discours du président français devant les députés européens:

Jean-Claude Juncker prend la suite du discours saluant E. Macron:

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