À la Maison Blanche, le bras de fer continue entre Trump et les journalistes

À la Maison Blanche, le bras de fer continue entre Trump et les journalistes
À la Maison Blanche, le bras de fer continue entre Trump et les journalistes - © MANDEL NGAN - AFP

Lundi 19 novembre, la Maison Blanche a définitivement rendu son accréditation au journaliste de CNN Jim Acosta, qui avait eu un échange houleux avec le président Donald Trump. Mais elle a fixé dans un communiqué de nouvelles règles pour le déroulement des conférences de presse : elle a notamment imposé la règle d'une seule question par journaliste. En pratique, la situation est bien plus floue : ce bras de fer illustre bien la situation très tendue entre Donald Trump et les médias.

Olivier Knox, un franco-américain, chef du bureau de Washington de la radio satellite Sirius XM et président de l’association des correspondants de la Maison Blanche, a répondu aux nouvelles règles, assurant que la tradition des questions et relances posées par les journalistes allait continuer. Il met en avant l’importance d’une presse indépendante et libre. "Les journalistes de la Maison Blanche ont toujours posé des questions ensuite, et ça ne va pas s'arrêter là, affirme-t-il. On va continuer, nous n'avons pas été consultés, nous estimons que la tradition doit survivre."

J'ai des collègues qui sont obligés d'avoir un garde du corps

Mais jusqu’à présent ni la porte parole du président Sarah Sanders, ni Donald Trump lui-même n’ont respecté ces règles. Cela illustre bien la relation compliquée et contradictoire qu’entretient le président américain avec les médias. "Il nous érige en ennemis du peuple, mais en même temps il répond souvent aux questions de la presse, note Olivier Knox. Donald Trump bénéficie, d'un point de vue politique, d'avoir un ennemi."

Pour Trump, cette relation est donc aussi une aubaine, sa défiance envers les médias plait à son électorat Mais même si la relation entre les présidents américains et la presse ont toujours été difficiles, la haine envers les journalistes est montée d’un cran. "Pour la première fois en vingt-deux ans de carrière, j'ai des collègues qui sont obligés d'avoir un garde du corps", regrette Olivier Knox.

Les États-Unis sont à la 45e place du classement mondial de la liberté de la presse

Un dangereux précédent qui inquiète reporters sans frontières l’ONG condamne régulièrement les attaques du président envers les journalistes et a dénoncé les nouvelles règles émises par la Maison Blanche comme l’explique la directrice de l’organisation aux Etats-Unis, Margaux Ewen. "Le classement mondial de la liberté de la presse a placé les Etats-Unis à la 45e place sur 180 pays, c'est extrêmement bas pour le pays du Premier Amendement, explique-t-elle. L'élaboration de ces règles, c'est encore une fois la démonstration de cette dérive contre la presse américaine."

Et pour tenter de mesurer cette dérive, Reporters sans frontières a mis en place il y a un an, avec d’autres ONG, une base de donnée pour répertorier les attaques, agressions et incidents dont sont victimes les journalistes aux Etats-Unis.

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