A l'ONU, Charles Michel répond à Donald Trump en prônant la paix et le multilatéralisme

Le Premier ministre, Charles Michel, s’est exprimé au 3ème jour de la 73e Assemblée générale de l’ONU, à New-York.

Pour commencer, il a rappelé la nécessité de "mettre l’être humain au centre. Et baser l’ordre international sur les règles". "C’est cela qui doit former le moteur du multilatéralisme", a-t-il souligné.

Une manière indirecte de répondre au Président américain Donald Trump qui a appelé, mardi dernier, à cette même tribune de l’Assemblée générale, à "isoler le régime iranien" de manière unilatérale.

"Le multilatéralisme, ce n’est pas un concept creux, vide de sens. Bien au contraire", a insisté Charles Michel. "C’est une conviction. Le dialogue sans relâche, y compris avec ceux dont nous ne partageons pas spontanément les opinions", a-t-il précisé.

Pour Charles Michel, le multilatéralisme favorise la paix dans le monde. "C’est la bataille avec des idées et des arguments plutôt qu’avec des armes. Le multilatéralisme, c’est le rejet de la violence".

A la tribune de l’Assemblée générale, le président américain a redit son attachement à la "souveraineté américaine". Il a critiqué la gouvernance mondiale. Il s'en est pris tour à tour aux pays de l'Opep, aux pratiques commerciales de la Chine ou encore à la Cour pénale internationale (CPI), accusée de n'avoir "aucune légitimité".

Le discours de notre premier ministre s’inscrit dans une forme de solidarité européenne

Charles Michel emboite ainsi le pas au Président Français Emmanuel Macron, qui était monté à la tribune moins d’une heure après Donald Trump pour dénoncer déjà, la "loi du plus fort" et l’unilatéralisme qui conduisent "au repli et au conflit".

"Le discours de notre premier ministre s’inscrit dans une forme de solidarité européenne. C’est une réponse européenne aux décisions unilatérales de Donald Trump, pour bien montrer que l’Europe a une position différente de celle de Washington. Charles Michel veut montrer que les européens n’ont pas la même vision que celle des américains", analyse Thierry Kellner, spécialiste en matière de politique étrangère à l’ULB.

Sur le plan commercial, il est important que l’Union européenne parle d’une seule voix pour peser face à la politique de Donald Trump

Dans son discours, Charles Michel met sur le même plan le commerce, la prospérité et la paix. "La paix, c’est la condition de la liberté et de l’émancipation. La liberté de commerce doit s’appuyer sur une concurrence saine et loyale, un level playing field réciproque, avec des standards sociaux et environnementaux ambitieux", a-t-il lancé.

"Sur le plan commercial, là aussi", analyse Thierry Kellner, "il est important que l’Union européenne parle d’une seule voix pour peser et faire en sorte que sa taille d’acteur économique puisse peser face à la politique de Donald Trump. Mais on voit bien que Donald Trump essaye d’utiliser une stratégie pour diviser les européens entre eux, en imposant ou en menaçant d’imposer des taxes sur les produits qui touchent tels ou tels pays, pour forcer ces pays à faire plier l’Union européenne".

Charles Michel appelle aussi à "une alliance sacrée Afrique-Europe". Une alliance solide et durable pour le développement des deux continents. Plus généralement, il a plaidé pour un accord ambitieux de libre-échange, de continent à continent, "un partenariat global et réciproque, gagnant pour tous".

A l’instar d’Emmanuel Macron, Charles Michel a critiqué de manière implicite Donald Trump, également sur la question du climat. "L’entêtement de certains à nier la réalité des changements climatiques est du même ordre de l’entêtement de ceux qui hier niaient que la terre était ronde", a-t-il lancé.

Le Premier ministre a insisté sur le fait que les accords de Paris sur les réductions de gaz à effet de serre devaient être mis en œuvre. "Nous devons tous renoncer à nos habitudes et adapter nos comportements. Mais le jeu en vaut la chandelle. C’est l’avenir de l’humanité qui est ici en cause".

Pour finir, Charles Michel a appelé à la solidarité. "Ces défis ne connaissent pas de frontières. Développement, lutte contre le terrorisme, changements climatiques… Aucun pays seul, quelle que soit sa puissance économique ou politique, ne pourra durablement les surmonter", a-t-il conclu.

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