A l'intérieur des camps des Rohingyas: "C'est une vie horrible ici, nous avons peur"

Oubliés, 129.000 Rohingyas restés en Birmanie dépérissent dans des camps
Oubliés, 129.000 Rohingyas restés en Birmanie dépérissent dans des camps - © DIBYANGSHU SARKAR - AFP

Il y a un an jour pour jour, près de 700 000 Rohingyas commençaient à fuir vers le Bangladesh, face aux violences de l’armée birmane. Cette minorité musulmane apatride a été victime de “nettoyage ethnique” selon les Nations Unies. La Birmanie a toujours démenti ces accusations.

Douze mois plus tard, et malgré un accord avec le Bangladesh, le processus de rapatriement n’a toujours pas commencé. Les rohingyas continuent donc de vivre dans des camps surpeuplés, dans des conditions très précaires. 

Hussan est allongé sur le sol de son abri, l’intérieur est vide, mise à part quelques casseroles et un coussin. L’homme de 60 ans semble fatigué. L’année raconte-t-il a été difficile…

"Ici, je n’ai pas le droit de travailler, alors je n’ai pas de revenu. On reçoit du riz et des lentilles, mais nous n'avons pas assez d’argent pour acheter des légumes et des fruits, je ne peux pas subvenir aux besoins de ma famille"

Les Rohingyas réfugiés au Bangladesh dépendent uniquement de l’aide humanitaire. Ils ne peuvent pas sortir des camps. Les checkpoints de l’armée sont nombreux. Et pour beaucoup de membres de cette minorité musulmane, ils ne se sentent pas en sécurité ici. C’est le cas d’Aicha, cette mère de 10 enfants: "C’est une vie horrible ici. Ce n’est pas un endroit sur pour les femmes et les enfants, surtout la nuit. Il n’y a pas de sécurité. Les soldats du Bangladesh quittent le camp à la tombée du jour. Nous avons peur".

Un sentiment d’insécurité qui s’ajoute aux traumatismes liés aux violences de l’an dernier… Ses enfants se réveillent régulièrement en plein milieu de la nuit en larmes… 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK