A Jérusalem-Est, beaucoup de rues sont sans nom

Dans ces quartiers, au moins une centaine de rues, selon les statistiques de la municipalité, n'ont pas de nom et encore moins de numéros, ce qui gêne l'accès aux services de la population.

"Cela fait des années que nous réclamons que nos rues soient identifiées, parce que, quand vous avez besoin d'une ambulance ou d'un service d'urgences, vous devez pouvoir leur indiquer où vous habitez", explique Hossam Watad, directeur du Centre communautaire de Beit Hanina, à Jérusalem-Est.

"Le courrier est un problème énorme parce que les gens ne peuvent pas donner d'adresse exacte", souligne-t-il.

La justice israélienne consent à faire un pas

Le 9 novembre, la justice israélienne a accepté une proposition du ministère des Communications de constituer une équipe avec la municipalité et la Poste pour assurer des services de courrier corrects à Jérusalem-Est.

La Cour a également pris note de la déclaration de la municipalité selon laquelle "à la fin de 2012, toutes les rues de Jérusalem auront un nom", avant la numérotation des habitations.

"Cela arrive après des années de demandes à la municipalité, à la Poste, et au ministère des Communications", souligne Hossam Watad.

Un responsable de la municipalité a affirmé à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, que ce projet manifestait la volonté du maire israélien Nir Barkat "d'améliorer beaucoup de domaines à Jérusalem-Est".

"Les habitants pourront recevoir leur courrier correctement, appeler des techniciens, cela améliorera tous les aspects de l'existence", a-t-il ajouté.

La population sera consultée pour le choix des noms

La municipalité veut consulter la population sur le choix des noms, mais l'a appelée à s'abstenir de toute proposition "provocatrice", en désignant par exemple des auteurs d'attentats.

Les noms seront soumis à l'approbation d'une commission municipale, a précisé ce responsable.

"Les habitants peuvent proposer des noms, qui seront examinés par une commission puis une autre présidée par un juge de la Cour suprême, c'est le même processus qu'à Jérusalem-Ouest et l'ensemble d'Israël", a-t-il expliqué.

Meïr Margalit, élu du parti de gauche Meretz, en charge du dossier de Jérusalem-Est à la municipalité, a affirmé "espérer nommer toutes les rues de Jérusalem-Est dans les six prochains mois".

"Nous allons commencer dans le quartier de Chouafat et Beit Hanina et nous avons demandé aux habitants de Sour Baher et Jabal Moukaber de proposer les noms, ce qu'ils ont fait également", a-t-il poursuivi.

"La municipalité leur a demandé d'éviter les noms provocateurs, mais en ce qui me concerne, ils peuvent choisir des noms de +martyrs+ s'ils le veulent", a-t-il confié.

"Nous avons présenté une liste de noms arabes acceptables à Chouafat et Beit Hanina", parmi lesquels ceux des écrivains libanais Khalil Gibran et égyptien Taha Hussein, a indiqué Hossam Watad.

Mais de nombreux habitants estiment que cette décision arrive bien tard.

"Cela montre que les habitants palestiniens de Jérusalem arrivent en dernière position dans les priorités de la municipalité, bien qu'ils payent les taxes et les impôts locaux", remarque Alaa Bassem, 24 ans.

"Il n'y a aucune justification à cela. Jérusalem est relativement petit et ce projet aurait dû être lancé il y a des années, au lieu de nous faire perdre notre temps dans les rares bureaux de poste de Jérusalem-Est et de devoir payer des pénalités de retard sur les factures", s'insurge-t-il.

Quelque 270.000 Palestiniens vivent à Jérusalem-Est, ainsi que plus de 200.000 Israéliens dans 12 quartiers de colonisation.

AFP
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