A Hackney Wick, les perdants des Jeux olympiques

Dans les rues d'Hackney Wick
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Dans les rues d'Hackney Wick - © RTBF

Dans l’Est de Londres, à Hackney Wick, un ancien quartier industriel investi par les artistes au début des années 2000, et depuis peu siège du stade flambant neuf des Jeux, les habitants ne se réjouissent pas. Le style de vie qu’ils ont connu pourrait disparaître.

Hackney Wick est l’un des quartiers qui jouxtent le site olympique, juste en face du stade flambant neuf. Ancien quartier industriel investi par les artistes au début des années 2000, il est réputé pour avoir la plus grande concentration d’artistes au monde. Ils sont venus dans cette partie reculée de Londres pour chercher la tranquillité et des loyers peu chers.

Pour Kim, qui vend sur le trottoir des T-shirts de sa nouvelle marque, les Jeux sont plutôt une bonne opportunité : "On a eu une cliente française la semaine passée sur ce marché. Elle ne serait jamais venue ici sans les Jeux olympiques, et elle n’aurait jamais entendu parler de notre marque. Pour ce côté-là, c’est génial".

Mais l’enthousiasme de Kim est loin d’être partagé par tous.

Felix, un artiste belge, a son atelier le long du tranquille canal qui coule entre le site olympique et Hackney Wick. Désormais, il voit des gardes de sécurité défiler. Mais surtout, il craint les promoteurs immobiliers. "Un propriétaire nous a dit clairement que tous les 6 mois il y aura une adaptation du loyer et qu’il ne se gênera pas pour le doubler. C’est de plus en plus dur parce que les chacals se ruent sur l’occasion".

Jessie, une autre belge, d’origine congolaise, regrette d’avoir vu le quartier changer ces derniers mois : "Particulièrement dans nombre de cafés et restaurants. Il y a un night club qui vient d’ouvrir, si tu n’as pas les bonnes chaussures, on te fait pas rentrer. Ca ne colle pas avec l’ambiance d’ici".

John, lui, est excédé par tout ça : "Il y a une communauté ici, où tu peux faire ce que tu veux, si tu as besoin d’un charpentier, ou d’un costumier par exemple. Il y a cette disponibilité-là. Mais le gros business, ça déchire ce genre de communauté".

Daphné Van Ossel, depuis Londres

Découvrez toutes les photos du reportage ci-contre.

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