A Chypre, le président turc Erdogan en visite plaide pour une solution à deux états

47 ans jours pour jours après l’intervention de l’armée turque à Chypre, le président Recep Tayyip Erdogan est en visite en République Turque de Chypre-Nord.

Depuis son invasion l’île est divisée en deux états : la République de Chypre, membre de l’Union européenne, qui exerce une autorité au sud. Quant au nord il y a la République turque de Chypre-Nord, autoproclamée et seulement reconnue par Ankara.

L’UE "n’acceptera jamais" une solution à deux états

Les dirigeants européens ont insisté sur leur attachement à "un règlement global du problème chypriote sur la base d’une fédération bi communautaire avec des droits politiques égaux, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies".

"L’UE a enregistré une volonté d’apaisement de la part de la Turquie, mais les conditions pour l’adoption de mesures positives ne sont pas réunies", a expliqué un diplomate européen.

Erdogan "sans concession", l’UE ne démord pas

Le président turc n’en démord pas il souhaite imposer une solution à deux états "sans concession". "Une solution juste et pérenne ne peut être obtenue qu’en prenant en compte les réalités de l’île. Sur cette île, il y a deux Etats et deux peuples", a ainsi déclaré M. Erdogan devant le Parlement de Chypre-Nord.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen a précisé que l’UE "n’accepterait jamais" une telle configuration.

Une série de tentatives de négociations au travers des Nations Unies ont déjà échoué les années précédentes. Ersin Tatar dirigeant de Chypre-Nord accepte lui aussi une solution à deux états avec l’appuie d’Ankara.

Face au refus catégorique de l’UE, le chef d’État turque a affirmé ce lundi qu’il était "hors de question de perdre 50 années de plus" en négociations en vue d’une réunification.

La question chypriote au cœur de tensions en Méditerranée orientale

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Frontière entre la partie nord de Chypre et sa partie sud © CHRISTINA ASSI (AFP)

En plus de ce problème politique sur le futur de l’île de Chypre. Celle-ci se retrouve au centre d’autres conflits entre la Turquie et l’UE. Ces dernières années on a découvert d’importants gisements de gaz naturel aux abords de l’île.

Le président Erdogan s’estimant exclu de ce partage a donc décidé de créer des forages exploratoires dans les eaux grecques et chypriotes. Ce qui a eu pour conséquences de susciter la colère des pays riverains et de leurs habitants.

"La Turquie se débat contre le nouveau bloc formé autour de Chypre sur la problématique gazière", rappelle M. Sözen un Chypriote-turc à la tête de Cyprus Policy Centre.

"Elle se sent isolée et elle est prête à utiliser tous les moyens pour faire pression sur Chypre, comme Varosha", explique Kemal Baykalli, analyste chypriote turc.

La Turquie dispose aussi d’un important contingent militaire à Chypre-Nord, ce qui ne représente rien de rassurant pour la partie sud de l’île.


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Vendredi, un navire turc a tiré des coups de semonce en direction d’un bateau des garde-côtes chypriotes grecs menant une opération contre l’immigration clandestine depuis la Turquie au large de la côte nord de l’île. Un incident rare qui illustre selon le gouvernement chypriote grec le "comportement agressif" d’Ankara envers Chypre. La Turquie, elle, a démenti tout tir.

La question Chypriote est donc un sujet à fortes tensions ou le président turc fera tout ce qui est possible pour garder la main sur la partie nord de l’île. "C’est une partie de poker. Les Chypriotes, notamment les anciens habitants de Varosha, en seront les grands perdants", résume Baykalli.

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