A Chamonix, Macron tente d'effectuer le virage vert de son quinquennat

Après une visite de la Mer de Glace en fonte accélérée, Emmanuel Macron a dressé ce jeudi le bilan de ses actions en faveur de l’environnement, dans un discours destiné à marquer le virage vert du quinquennat.

"Ce sera le combat du siècle, cette capacité à inventer une nouvelle manière de vivre. Ce combat du siècle nous pouvons le relever", a-t-il lancé dans le centre de conférence de Chamonix, en défendant la cohérence de ses choix depuis le début du quinquennat. Autre credo qu’il a réaffirmé, la possibilité de concilier environnement et croissance.


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"Il faut démontrer que cette stratégie est compatible avec les progrès économiques parce que c’est la stratégie à laquelle je crois", a-t-il dit. Et, à l’adresse des mouvements écologiques qui le critiquent, il a glissé : "Cette conscience qui parfois se traduit en impatience et en colère, il faut qu’on arrive à la transformer en exigence, en application dans son quotidien, en pression sur les autres acteurs".

Sans annonce nouvelle, il a dressé le tableau d’actions qu’il a liées aux objectifs écologiques, citant la revitalisation des centres-villes pour lutter contre l’étalement urbain, la loi sur le recyclage ou encore la création, annoncée la veille, de nouveaux parcs naturels, y compris pour protéger le Mont-Blanc. Après le parc national de forêts récemment créé à cheval sur la Champagne et la Bourgogne, Macron a annoncé que 250.000 hectares de forêt supplémentaires seront protégés d’ici deux ans, dont deux parcs en Guyane et en France.

A l’horizon 2022, 20 nouvelles réserves naturelles nationales verront le jour, ainsi que quatre parcs naturels régionaux au Mont Ventoux, au Doubs Horloger, en Baie de Somme-Picardie maritime et à Corbières-Fenouillèdes, a-t-il précisé. A une semaine du Salon de l’agriculture, il a aussi longuement évoqué la nécessité d’une "transformation agricole" éco-responsable, "un chantier au moins aussi historique que celui des années 60".

A la veille du salon de l’agriculture

"Nous n’arriverons à relever ce défi que si nous réconcilions tout le monde. Dans notre pays, ce n’est pas toujours notre fort", a-t-il ajouté, en critiquant la stigmatisation des paysans. Mais imposer des règles aux agriculteurs français sans que leurs voisins européens n’en fassent autant, "c’est augmenter l’importation", a-t-il averti. La veille au soir, lors d’un dîner avec des experts, il avait jugé indispensable d’aider financièrement les agriculteurs qui "sinon ne pourront pas bouger", selon deux participants. Le chef de l’État intervenait devant le personnel du nouvel Office français de la biodiversité, fusion de plusieurs agences fort de 1800 agents chargés de la police de l’environnement dont les pouvoirs seront élargis.

2020 sera une année clef pour ce sujet, avec plusieurs sommets internationaux : Cop Biodiversité en Chine en octobre, Congrès mondial de la nature à Marseille en juin, "mais pour être crédibles, nous devons nous en France, être exemplaires", a-t-il encore souligné.
 

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