Mali, la France fixe ses objectifs: arrêter l'agression et sécuriser Bamako

Mali, la France fixe ses objectifs: arrêter l'agression et sécuriser Bamako
4 images
Mali, la France fixe ses objectifs: arrêter l'agression et sécuriser Bamako - © Tous droits réservés

Le président français François Hollande a affirmé mardi à Dubaï que l'intervention militaire française au Mali avait trois objectifs: "arrêter l'agression" des islamistes, sécuriser Bamako et préserver l'intégrité territoriale du pays.

"Nous avons trois buts dans notre intervention qui s'effectue dans le cadre de la légalité internationale, avec la demande expresse des autorités maliennes, le soutien de tous les pays africains et l'appui de l'Europe", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Il s'agit en premier "d'arrêter l'agression terroriste", "de sécuriser Bamako ou nous avons plusieurs milliers de ressortissants", et de permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale, mission confiée à la force africaine qui a notre appui".

Il a ajouté que son pays ferait "tout pour libérer" les otages au Mali et que l'intervention militaire était "la seule solution" pour bloquer la progression des groupes islamistes armés.

Les otages, "j'y pense à chaque instant mais j'ai considéré que l'intervention était la seule solution. Nous ferons tout pour qu'ils puissent être libérés. Ceux qui les ont capturés, détenus doivent réfléchir. Il est encore temps de les rendre à leur famille", a déclaré M. Hollande.

La France a lancé vendredi une intervention au Mali pour stopper la progression de combattants islamistes contrôlant le nord du pays vers la capitale Bamako. Des raids ont été ensuite visé les islamistes dans le nord du pays qui ont procédé à un repli des villes qu'ils contrôlaient.

Frappes françaises sur Diabali, localité occupée par les islamistes

L'armée française a mené dans la nuit des frappes aériennes sur la localité de Diabali (ouest du Mali) dans laquelle étaient entrés les islamistes lundi, a appris l'AFP mardi de source sécuritaire malienne. Une colonne blindée française est arrivée à Bamako.

"Des avions (français) ont mené cette nuit des frappes sur la zone de Diabali: au moins cinq islamistes ont été tués et plusieurs blessés", a indiqué cette source.

Un habitant d'une localité voisine située à une vingtaine de kilomètres a déclaré à l'AFP avoir vu des islamistes armés en fuite après ces frappes, dont plusieurs sont morts dans l'accident d'un véhicule. Une source de sécurité régionale a de son côté affirmé que des combattants jihadistes se trouvaient toujours dans la zone de Diabali et que plusieurs d'entre eux y avaient pris en otage un élu régional et sa famille à leur domicile.

Toutefois, selon cette source, les islamistes seront rapidement obligés "de lâcher prise" et de fuir eux aussi la zone, située à proximité de la frontière avec la Mauritanie où l'armée de ce pays a renforcé ses patrouilles. Les islamistes armés liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), avaient pris la petite localité de Diabali, à 400 km au nord de Bamako, lundi après des combats avec l'armée malienne."

Une colonne blindée française est arrivée à Bamako

La colonne d'une quarantaine de blindés français venus de Côte d'Ivoire est arrivée dans la nuit de lundi à mardi à Bamako, où elle a renforcé le dispositif luttant contre les forces jihadistes, a indiqué à l'AFP le conseiller médias du détachement français dans la capitale malienne.

Ces éléments de la force Licorne, basée à Abidjan, ont quitté la capitale de Côte d'Ivoire lundi matin et ont passé la journée sur la route, avant d'arriver dans la partie militaire de l'aéroport de Bamako vers 3h00 du matin, a précisé le capitaine Pierre Couillot.

Ces engins, notamment des blindés légers Sagaie, vont dans un premier temps être cantonnés dans la capitale malienne avant d'être engagés dans les combats qui opposent depuis vendredi ce qui reste de l'armée malienne, appuyée par des soldats des Forces spéciales et l'aviation française, aux islamistes armés qui occupent depuis neuf mois le nord du Mali.

750 soldats français au Mali

François Hollande a annoncé mardi à Abou Dhabi que le nombre de militaires français engagés dans l'opération au Mali, où de nouvelles frappes dans la nuit ont "atteint leur objectif", était de 750 et que leur nombre allait augmenter."Pour l'instant, nous sommes à 750 hommes et ça va encore augmenter (...) pour qu'ensuite le plus rapidement possible nous puissions laisser la place aux forces africaines", a déclaré le président français aux journalistes lors d'une visite à la base navale "Camp de la Paix" à Abou Dhabi, où sont déployés des militaires français. La France va "continuer à avoir des forces au sol et dans les airs", a ajouté le président français, selon lequel le déploiement de la force africaine "va prendre une bonne semaine".

François Hollande a annoncé que "de nouvelles frappes cette nuit ont atteint leur objectif" au Mali, où les jihadistes ont évacué lundi les grandes villes du nord qu'ils occupaient, après des bombardements des forces françaises, mais ont pris la localité de Diabali, à 400 km au nord de Bamako. Le président français est arrivé mardi matin aux Emirats arabes unis pour une visite qui doit être largement consacrée à l'intervention française au Mali lancée il y a cinq jours pour contrer l'offensive des groupes islamistes armés occupant le nord du pays.

Deux C-130 et un hélicoptère belges mis à contribution

Dans Matin Première ce mardi, le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, a annoncé que la Belgique "pourrait proposer et nous allons débattre en comité ministériel restreint", la mise à disposition de deux C-130 et d'un hélicoptère pour des évacuations médicales en appui des forces françaises et africaines sur place.

Près de 150 000 réfugiés et 230 000 déplacés, selon l'ONU

Le nombre de réfugiés chassés par le conflit au Mali approche les 150 000 personnes dans les pays voisins, a indiqué mardi le HCR. Le nombre de personnes déplacées dans le pays est proche de 230 000, a précisé le bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Le Haut Commissariat aux réfugiés a enregistré 144.500 réfugiés en provenance du Mali, dont 54 100 en Mauritanie, 50 000 au Niger, 38 800 au Burkina Faso et 1500 en Algérie. Par ailleurs, le Programme Alimentaire Mondial, qui distribue de la nourriture au Mali via plusieurs ONG, a souligné qu'il lui manque un financement de 129 millions de dollars pour répondre aux besoins.

Les équipes de Médecins du Monde et de Médecins Sans Frontières vont continuer à soutenir la population malienne malgré les combats. L'ONG Médecins du Monde est active depuis plusieurs années dans les régions de Gao, Kidal, Mopti et Kayes, où elle assure des soins de santé auprès de la population dans plusieurs centres de santé et hôpitaux. "Dans les deux régions du nord, des bombardements aériens ont été rapportés, mais nos équipes sur le terrain restent actives", indique mardi un communiqué de l'organisation. Dans ce contexte changeant, Médecins du Monde envisage un renforcement des équipes mobiles pour assurer un accès aux soins pour des populations dispersées.

Médecins Sans Frontières (MSF) n'a pas non plus l'intention de partir. "Nous avons plusieurs projets en cours que nous poursuivons", a affirmé Christof Godderis. MSF est notamment présent à Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal.

RTBF avec Belga

Et aussi

Newsletter RTBF Info - Afrique

Chaque semaine, recevez l’essentiel de l'actualité sur le thème de l'Afrique. Toutes les infos du continent africain bientôt dans votre boîte de réception.

OK