7 ans après la catastrophe de Fukushima, 55.000 évacués ne sont toujours pas rentrés chez eux

Pour beaucoup d'évacués, le seul moyen d'oublier la catastrophe, c'est de refaire sa vie ailleurs.
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Pour beaucoup d'évacués, le seul moyen d'oublier la catastrophe, c'est de refaire sa vie ailleurs. - © Bernard Delattre

Le Japon commémore ce dimanche la catastrophe de Fukushima, le tremblement de terre, le tsunami puis l'accident nucléaire qui, le 11 mars 2011, ont coûté la vie à 18.000 personnes. A l'époque, il a fallu évacuer 155.000 personnes vivant dans les zones autour de la centrale, que les radiations rendaient inhabitables. Sept ans plus tard, un tiers de ces évacués – 55.000 – ne sont toujours pas rentrés chez eux.

En sept ans, la reconstruction de la région a bien avancé, mais certains endroits manquent encore de commerces, d'hôpitaux ou de transports publics. Cela dissuade beaucoup d'évacués d'y revenir. De plus, des zones entières ne peuvent plus être habitées parce qu'on y stocke les déchets radioactifs provenant du chantier de démantèlement du site nucléaire.

C'est le cas à Ukedo, à six kilomètres de la centrale. Yohei Aota y vivait : "Mon village s'étendait là bas, tout le long de la plage. Pas une maison n'a résisté à la vague; elle avait 15 mètres 50 de haut! Vous le voyez : il n'y a plus rien dans toute cette zone... Six mois après la catastrophe, quand le taux de radiation a diminué, on nous a autorisés à retourner au village pour constater les dégâts.  C'est ce jour-là où j'ai réalisé que je n'y vivrais plus jamais. J'étais dévasté..."

A Okuma, la ville même où se trouve la centrale, des quartiers sont encore trop contaminés pour être habités. De toute manière, Shuyo Shiga qui vivait là avant le 11 mars 2011 n'y retournera jamais. "Mes enfants et mon épouse ne veulent pas revenir habiter ici. En 2011, ils ont eu la vie sauve de justesse : ils auraient évacué deux minutes plus tard qu'ils auraient été tués. En s'enfuyant, ils ont vu nos voisins emportés par la vague et n'ont rien pu faire pour les aider. Aujourd'hui encore, ce souvenir les hante. Cela les a tellement traumatisés qu'ils ne pourraient plus jamais revivre ici en toute sérénité ..."

Pour beaucoup d'évacués, le seul moyen d'oublier la catastrophe, c'est de refaire sa vie ailleurs.

 

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