55 personnes tuées à Gaza : vives réactions à travers le monde

Ambassade US à Jérusalem: un "usage disproportionnée de la force" par Israël à Gaza
Ambassade US à Jérusalem: un "usage disproportionnée de la force" par Israël à Gaza - © THOMAS COEX - AFP

Les soldats israéliens ont tué 55 Palestiniens lundi à la frontière de la bande de Gaza lors de heurts et de manifestations contre l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, concrétisation de l'une des promesses les plus controversées du président Donald Trump. Il s'agit de la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de l'été 2014 dans la bande de Gaza.

Ces événements ont suscité une vive inquiétude internationale dans un contexte de tensions et d'incertitudes régionales déjà fortes.

Un comité de l'ONU chargé de lutter contre le racisme a appelé lundi Israël à cesser "immédiatement" de faire un usage "disproportionné" de la force contre les manifestants palestiniens à Gaza.

Dans une déclaration écrite, le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale "exhorte l'Etat partie (Israël) à mettre immédiatement fin à l'usage disproportionné de la force contre les manifestants palestiniens, à s'abstenir de tout acte qui pourrait faire de nouvelles victimes et à garantir que les blessés palestiniens aient un accès rapide et sans entrave aux soins médicaux".

Les 18 experts indépendants de ce comité, qui dépend du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, se disent "gravement préoccupés par le fait que de nombreuses personnes décédées ou blessées ne semblaient représenter aucune menace imminente au moment où elles ont été abattues".

Le chef de l'ONU "particulièrement inquiet" de la situation à Gaza

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit lundi "particulièrement inquiet" de la situation à Gaza où au moins 41 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens lors de manifestations contre l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem.

"Nous voyons une multiplication des conflits, les vieux conflits semblent ne jamais mourir - je suis particulièrement inquiet aujourd'hui au vu des nouvelles de ce qui se passe à Gaza, avec un nombre élevé de personnes tuées", a déclaré M. Guterres à la presse à Vienne.

L'UE exhorte à "la plus grande retenue"

"Des dizaines de Palestiniens, dont des enfants, ont été tués et des centaines blessés par des tirs israéliens durant les manifestations massives en cours près de la barrière de Gaza. Nous demandons à toutes les parties d'agir avec la plus grande retenue afin d'éviter des pertes de vie humaine supplémentaires", a affirmé la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué. 

Le Koweït envisage de demander une réunion d'urgence du Conseil de sécurité

Le Koweït, membre non permanent du Conseil de sécurité, a indiqué lundi envisager de demander prochainement une réunion d'urgence de cette instance sur les événements à Gaza.

"Nous condamnons ce qui s'est passé. Il y aura une réaction de notre part et nous verrons ce que le Conseil fera. Aujourd'hui ou demain, nous pourrions demander une réunion d'urgence" du Conseil, a déclaré à des journalistes l'ambassadeur du Koweït à l'ONU, Mansour al-Otaibi.

"Nous sommes toujours en consultations à ce sujet avec le groupe arabe (aux Nations unies) et l'ambassadeur palestinien", a-t-il ajouté.

Amnesty International dénonce une "violation abjecte" des droits de l'homme

"Nous assistons à une violation abjecte du droit international et des droits de l'homme à Gaza", a dénoncé l'organisation non gouvernementale basée à Londres sur Twitter. "Ceci doit cesser immédiatement".

"C'est un autre exemple horrible du recours excessif à la force et de l'usage de balles réelles d'une manière totalement déplorable par l'armée israélienne", a dénoncé Philip Luther, un responsable d'Amnesty International pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord, dans un communiqué. "C'est une violation des règles internationales" équivalant "dans certains cas à ce qui semble être des homicides intentionnels constituant des crimes de guerre".

Des premiers rapports médicaux cités par Amnesty International indiquent que "des dizaines de personnes ont été atteintes à la tête ou à la poitrine", selon le communiqué de l'ONG.

MSF s'alarme de l'accumulation des morts

Mathilde Berthelot, coordinatrice des programmes pour Médecins Sans Frontières, était présente sur les antennes de La Première cette après-midi. Elle se désole de ce tas de morts qui s'accumule : "Ce qui est terrible c'est que ça s'ajoute à tous ceux qui ont été blessés sur les sept dernières semaines puisqu'on en est à plus d'un mois de manifestations, c'est une accumulation de blessés énorme".

Par ailleurs, elle s'inquiète de la situation de Gaza, dont le "système de santé est déjà bien affaibli par le blocus, par toutes les difficultés qu'on rencontre dans une situation pareille".

"On est tous inquiets pour la suite, qu'est-ce qui se passera demain? Qu'est-ce qui se passera après-demain? Et c'est une situation qui est désespérante pour la population de ne pas savoir ce qui va advenir, ce qu'ils vont devenir."

Un "jour de honte" pour l'Iran

L'Iran a qualifié la journée de lundi de "jour de honte" après le "massacre" d'une cinquantaine de Palestiniens de Gaza par des soldats israéliens.

"Le régime israélien massacre de sang froid d'innombrables Palestiniens qui manifestent dans la plus grande prison à ciel ouvert du monde", a affirmé le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif sur Twitter.

"Pendant ce temps, (le président américain Donald) Trump célèbre le transfert de l'ambassade américaine illégale et (s)es collaborateurs (d'Etats) arabes gesticulent pour détourner l'attention. Un jour de grande honte", a-t-il ajouté.

L'Afrique du Sud rappelle son ambassadeur

De son côté,  l'Afrique du Sud a décidé lundi de rappeler son ambassadeur en Israël. "En raison du caractère grave et aveugle de la dernière attaque israélienne, le gouvernement sud-africain a décidé de rappeler l'ambassadeur Sisa Ngombane avec effet immédiat", a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a, lui, accusé lundi Israël de "terrorisme d'Etat" et de "génocide".

Les Etats-Unis accusent le Hamas

La Maison Blanche a imputé ce lundi au Hamas la "responsabilité" de la mort des 55 Palestiniens tués "Le Hamas provoque intentionnellement et cyniquement cette réponse" israélienne, a développé Raj Shah, porte-parole de l'exécutif américain. 

 

Violences à la frontière entre Israël et Gaza, ce lundi 14 mai

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