Munich: 40 ans après, commémoration et polémiques autour du drame des JO

Le vice-premier ministre israélien, Silvan Schalom, a pris la parole lors de la cérémonie de commémoration.
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Le vice-premier ministre israélien, Silvan Schalom, a pris la parole lors de la cérémonie de commémoration. - © RTBF

Lors de la commémoration ce mercredi de la prise d'otage des Jeux Olympiques de Munich en 1972. Une cérémonie d'hommage marquée par de nombreuses polémiques qui montrent que, 40 ans après, certaines plaies ne sont toujours pas cicatrisées.

En septembre 1972, lors des Jeux Olympiques de Munich, en Allemagne, onze athlètes israéliens avaient été tués par un commando palestinien.

L'Allemagne a rendu hommage ce mercredi après-midi à ces onze victimes. La cérémonie a eu lieu à l'endroit même où cet épisode tragique a pris fin : sur l'ancienne base militaire de Fürstenfeldbruck, à 25 km à l'ouest de la métropole bavaroise.

Proches des victimes, représentants du monde politique et sportif : 600 invités étaient présents lors de cette cérémonie, dans une atmosphère d'hommage et de recueillement. Le vice-Premier ministre israélien, Silvan Schalom et le Ministre de l'Intérieur allemand, Hans-Peter Friedrich ont, entre autres, pris la parole. Le maire du village olympique des jeux de 1972 et Ankie Spitzer, la veuve d'une des victimes, ont, eux aussi, prononcé un discours.

Lors de son allocution, Charlotte Knobloch, ancienne responsable de la communauté juive allemande, a déclaré : "Ce jour n'était pas une attaque contre Israël, pas une attaque contre les Juifs. C'était une attaque contre nous tous. Contre l'idée olympique, la vision de la liberté et de la paix pour tous les êtres humains."

Pour la première fois, les visages des victimes ont été exposés dans l'ancienne tour de contrôle de l'aérodrome. Les drapeaux des bâtiments publics de Bavière ont été mis en berne et des représentants religieux ont rendu hommage aux victimes.

Une prise d'otages à l'épilogue tragique

Septembre 1972, les Jeux Olympiques de Munich touchent à leur fin. A l'aube du 5 septembre, huit membres de "Septembre noir", un groupe militant armé palestinien, pénètrent dans l'appartement de la délégation israélienne au village olympique. Le nom de l'organisation, prémonitoire, fait référence à l'expulsion et la répression des fedayines palestiniens en Jordanie en septembre 1970.

Ce matin du 5 septembre 1972, les militants palestiniens tuent deux athlètes israéliens et en prennent neuf autres en otage. Ils espèrent pouvoir les échanger contre 232 prisonniers palestiniens. Le commando obtient d'être transféré, avec ses otages, sur l'aéroport d'une base militaire allemande.

C'est sur cette base militaire que les services de sécurité allemands organisent l'opération de sauvetage qui tournera au fiasco. Les neufs otages sont tués, ainsi ainsi qu'un policier ouest-allemand et cinq des huit preneurs d'otages. Les trois militants palestiniens restant sont capturés.

Une commémoration sur fond de polémiques

Aujourd'hui encore, cette opération fait polémique. Il y a quelques jours, Israël a publié une dizaine de documents d'époque très critiques à l'égard des autorités d'Allemagne de l'Ouest.

Selon un chef du Mossad, les services secrets israéliens, la RFA n'aurait pas fait "un effort minimal pour sauver des vies". Les ratés sont nombreux : des tireurs d'élite équipés de simples revolvers, des blindés arrivés en retard pour sauver les otages, des policiers sans torches électriques pour suivre les mouvements du commando dans la nuit.

D'autres documents, déclassifiés eux aussi, ont mis en lumière des défaillances du dispositif de sécurité israélien.

En juillet, l'Etat allemand a également été accusé, par l'hebdomadaire Spiegel, d'avoir "maquillé" l'échec de l'opération. D'après le magazine, le village olympique n'était entouré que d'un simple grillage, alors que le ministère de l'Intérieur et la police criminelle de Bavière avaient averti les autorités fédérales de la possibilité d'actes terroristes aux JO de Munich.

A l'époque, le chef de la police de Munich voulait éviter de raviver, avec une forte présence policière, le souvenir des Jeux Olympiques de Berlin, organisés en 1936 par le régime nazi. Et, le président du Comité olympique allemand aurait affirmé qu'il n'était pas question de faire du village olympique un  "camp de concentration".

Avant le lancement des JO de Londres cet été, une autre polémique a fait surface, car la mémoire des onze Israéliens n'a pas été honorée d'une minute de silence lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux. Ce, malgré la demande de deux veuves de sportifs.

Cécile Andrzejewski (avec AFP)

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