3700 passagers confinés à cause du coronavirus : "on se sent seuls, on a peur d'être oubliés"

Sur les 3700 passagers, 136 ont contracté le coronavirus.
Sur les 3700 passagers, 136 ont contracté le coronavirus. - © CHARLY TRIBALLEAU - AFP

Depuis une semaine, le diamond princess, un bateau de croisière est placé en quarantaine depuis une semaine au large de Yokohama. 136 personnes à bord seraient contaminées par le coronavirus. Pour le reste des 3700 passagers, tout le monde est confiné dans sa chambre, les repas sont livrés directement dans les cabines. Et c’est seulement depuis trois jours que des "promenades" sont organisées. Une croisière de rêve qui se transforme en cauchemar.

C’est en tout cas le sentiment qu’expriment Linda et Michel, deux touristes français, confinés à bord du paquebot. Linda, 62 ans, raconte le choc qui a transformé ses vacances en prison flottante : c’était un dimanche, juste avant de débarquer au Japon. Et d’un coup, "nous avons vu les gardes-côtes aborder le bateau. Nous avons vu plusieurs personnes gantées et camouflées monter à bord. Le capitaine nous a ordonné de rejoindre nos cabines. Et puis vers 3h du matin on est venu nous contrôler. Mon mari et moi n’avons pas contracté le virus".

Viennent ensuite les mauvaises nouvelles : " d’abord on nous a annoncé qu’il y avait des cas de coronavirus à bord. Puis que le bateau était placé en quarantaine", explique Linda. La situation devrait ainsi durer jusqu’au 19 avril.

C’est une prison

Depuis tous les 3700 passagers vivent confinés dans leurs cabines. "On porte des masques aux ouvertures des portes car nos repas nous sont livrés, en room service", raconte la sexagénaire. Le couple dispose d’une cabine avec une terrasse et un petit espace extérieur. Ils ont donc la possibilité de s’aérer un peu, "et de voir lumière". Pour ceux qui ne disposent pas d’un espace leur permettant de s’aérer, certaines promenades sont organisées… Depuis trois jours. Les passagers sont placés en quarantaine depuis le 3 février. L’ensemble des passagers est contrôlé quotidiennement. Chaque jour on prend sa température pour vérifier que celle-ci ne dépasse les 37,5 degrés.

Inquiets et stressés à la fois

Le couple se dit rassuré de voir qu’autant de moyens sont déployés et que tant de mesures de précaution sont prises. Mais parallèlement, explique Linda, " nous sommes angoissés, nous sommes inquiets et stressés, on pleure régulièrement parce que si tous les moyens sont rassurants, car on est pris en charge. Mais c’est aussi inquiétant car on se dit que la situation est grave pour que de tels moyens soient déployés".

Et elle ajoute : "on a beau être dans une grande ville comme Tokyo, de ma cabine je vois des millions de voitures qui roulent mais on se sent seuls seuls, seuls ! On se sent tout petit. Et on a peur d’être oubliés". Rassurant, l’époux de Linda, Michel, conclut : " on tient le coup, il ne faut pas se laisser abattre".

Archives : Journal télévisé du 04/02/2020

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