26 étudiants belges déjà priés d'évacuer Hong Kong: Bianca, 19 ans, témoigne

Des étudiants quittent le campus de la Chinese University of Hong Kong (CUHK) le 15 novembre 2019, alors que la route a été rendue impraticable
Des étudiants quittent le campus de la Chinese University of Hong Kong (CUHK) le 15 novembre 2019, alors que la route a été rendue impraticable - © DALE DE LA REY - AFP

D’après nos informations, 26 étudiants belges ont déjà pris contact avec le consulat de Belgique à Hong Kong pour demander de l’aide parce que leur université a décidé de les pousser à rentrer au pays. Des décisions prises par les universités elles-mêmes suite à l’augmentation de la violence cette semaine sur certains campus universitaires de ce territoire semi-autonome.


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L’ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997 est en proie pour l’instant à la plus grave crise sociale depuis cette rétrocession, ce qui engendre des confrontations entre manifestants et policiers parfois extrêmement violentes.

Pour certaines universités, les étudiants doivent rentrer

Bianca a 19 ans. La jeune femme, Bruxelloise, est inscrite dans une université du sud de l’Angleterre pour y suivre l’ensemble de son cursus. Pour l’instant, elle est à Hong Kong pour une année d’étude dans le cadre d’un échange entre son université britannique et un établissement hongkongais. Aujourd’hui, sa situation est devenue incertaine. Elle vient de recevoir un courriel de son université britannique avec une consigne : quitter Hong Kong le plus rapidement possible. Nous l’avons rencontrée à Hong Kong.

"Pour le deuxième semestre, les choses sont incertaines"

" Le département des études à l’étranger de mon université en Angleterre nous a demandé ce qu’on pensait faire. Si on souhaitait rester ou trouver une autre destination. Aujourd’hui, il nous a fortement été conseillé de retourner dans notre pays d’origine ou à l’université en Angleterre. Mon université prendre en charge les frais de voyage. Je dois les contacter dans les 12 heures. Ils nous ont dit que pour le deuxième semestre, les choses étaient très incertaines mais qu’il fallait déjà supposer que retourner à Hong Kong ne sera pas envisageable. Pour l’instant, la seule consigne, c’est prendre ses affaires et retourner à la maison. Pour les étudiants comme moi qui étaient ici pour une année entière, c’est toute l’année qui est remise en question ".

"Il n’y a plus de cours assuré en personne"

" Ce qui les a poussés à prendre cette décision, c’est que, actuellement, ici, dans pratiquement toutes les universités le semestre est fini. Il n’y a plus de cours assuré en personne parce qu’il y a eu des protestataires qui sont entrés sur certains campus, qui ont fait des barricades et il y a eu des affrontements avec la police dans certaines universités comme la Chinese University ou l’Université polytechnique. Pas dans la mienne. Malgré tout, les choses ont été pensées pour organiser un enseignement à distance, sur les plateformes digitales ".

"Je suis entre deux avis"

" Ma situation aujourd’hui, c’est que l’université britannique me recommande fortement de rentrer au pays mais pour l’instant le ministère des Affaires étrangères belge n’a pas indiqué qu’il y avait une force majeure. Alors que faire ? Suivre les recommandations de l’université parce que c’est l’université qui m’a envoyée ici, ou attendre un avis supplémentaire du ministère des Affaires étrangères belges qui irait dans le même sens. Je suis entre deux avis ".

Pour l’instant, il n’y a effectivement pas de dispositif d’évacuation mis en place par les Affaires étrangères belges mais des dispositions sont prises pour identifier les étudiants concernés par ces recommandations d’évacuation énoncées par les universités et les aider dans leurs démarches, notamment s’ils souhaitent trouver un logement.

Les Affaires étrangères ont aussi modifié leurs avis de voyage pour Hong Kong jeudi en indiquant qu’il est "possible de voyager à Hong Kong, mais une vigilance accrue est conseillée". Il fait aussi part des manifestations et des affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre qui ont encore eu lieu ces derniers jours. "Les visiteurs étrangers ne sont pas visés par les manifestants, mais il est conseillé de se tenir à l’écart de toutes les manifestations", poursuivent les Affaires étrangères.

Un mouvement généralisé

" Il y a beaucoup d’étudiants dans le même cas que moi notamment des Britanniques, des Américains, des Coréens, les Chinois aussi, également de Taiwan poursuit Bianca. D’un côté je comprends pourquoi on me demande de partir. C’est mon université qui m’a envoyée ici et donc elle a un devoir moral. Si l’université ne le fait pas, certains parents pourraient protester. Mais c’est vrai qu’ici, dans ma vie de tous les jours, en tant qu’étudiante étrangère, je sais que je dois me tenir à l’écart et cela fait déjà quelques mois que je me suis habituée à la situation sans juger des opinions de chacun. Ça dépend de chaque personne et de sa perception des choses".

Heurts entre forces de l'ordre et contestataires, ce 18 novembre:

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