25 ans après les accords d'Oslo, décodage du rôle des Américains

Les jardins de la Maison Blanche, le 13 septembre 1993. Bill Clinton serre la main du Premier ministre israélien à sa droite, puis celle du chef de l'OLP à sa gauche, avant de gentiment les pousser l'un vers l'autre pour une poignée de main inédite dans l'histoire de la diplomatie mondiale.

Yitzhak Rabin et Yasser Arafat viennent de signer le premier document de paix entre Israéliens et Palestiniens. L'espoir est immense, une paix globale au Proche-Orient semble alors possible. La position centrale de Bill Clinton sur cette image qui a fait le tour du monde va bien au delà du symbole, les Etats-Unis ont réellement tenu une position centrale dans ce processus. 25 ans plus tard, leur rôle est toujours prépondérant mais il ne semble plus avoir une solution à deux Etats comme ligne de mire.

Washington, 25 ans plus tard

Pour la première fois depuis qu'il fait partie de l'administration Trump, John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale, prend la parole devant un large public. Le ton est acerbe, les sujets ciblés : "Les Etats-Unis se tiendront toujours aux côtés de leur allié et ami, Israël". Quelques instants plus tard il ajoute : "L'administration Trump ne maintiendra pas ouverte une mission alors que les palestiniens refusent d'avancer vers des négociations directes et significatives avec Israël. Les Etats-Unis soutiennent un processus de paix direct et robuste. Nous n'autoriserons pas la CPI (la Cour Pénale Internationale) ou toute autre organisation, à restreindre le droit d'Israël à se défendre."

Chaque jour les Américains durcissent leur position

Le 10 septembre, les Américains annoncent en effet qu'ils ferment la représentation palestinienne de Washington. Motif invoqué pour la fermeture de ce bureau qui fait office d'ambassade de l'Autorité Palestinienne aux Etats-Unis: les Palestiniens ne parlent plus avec l’administration de Donald Trump et refusent de s'engager dans des négociations de paix avec Israël. 

Le 8 septembre, les Américains suppriment les 25 millions de dollars d'aide qu'ils versent aux hôpitaux palestiniens de Jérusalem-Est. Une semaine auparavant, c'est l'agence de l'ONU qui vient en aide au niveau éducation, santé et assistance alimentaire à 5 millions de réfugiés palestiniens, l'UNRWA, qui ne recevait plus un dollar de la part de Washington. 300 millions de dollars d'aide humanitaire en moins. Une catastrophe pour Pierre Krahenbuhl, le commissaire général de l'UNRWA, qui explique : "Nous avons besoin d'approximativement 200 millions de dollars pour combler le manque à gagner d'ici la fin de l'année. Quand nous avons ouvert les écoles en août et début septembre, j'ai dit aux écoliers, aux professeurs mais aussi à la communauté internationale que je ne pouvais pas imaginer revenir vers nos fiers, déterminés et courageux étudiants, 526.000 garçons et filles palestiniens en Syrie, au Liban, en Jordanie, en Cisjordanie y compris Jérusalem-Est et Gaza, et leur dire que nous n'avons pas réussi à trouver l'argent pour maintenir leurs écoles ouvertes."

La punition pour pousser à la négociation

Après les offensives diplomatiques, les Etats-Unis ont donc encore haussé le ton et le niveau des sanctions. L'argent est devenu leur arme principale face aux Palestiniens qui refusent de négocier, selon eux. Car un plan de paix, concocté par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, est promis depuis des mois mais tarde à être révélé. Pour convaincre les Palestiniens de revenir à la table des négociations, si le message n'était pas suffisamment clair, Donald Trump a ajouté : "Vous aurez l'argent mais nous ne vous paierons pas avant que nous ayons conclu un accord. Si nous ne concluons pas d'accord, nous ne payons pas." Un argument qui ne semble pas impressionner du coté de Ramallah.  "Le gouvernement américain a commencé à s'attaquer au peuple palestinien et au droit international" a rétorqué Ryad al Maliki, ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne.

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