24 heures après les attentats au Sri Lanka: la population sous le choc

Plus de 310 personnes ont été tuées dans la vague d’attentats suicides dimanche 21 avril au Sri Lanka. Notre correspondant Alexandre Mitea a pris le taxi ce lundi matin dans la ville de Colombo. Il a été frappé par le calme qui y règne. "Habituellement, c’est une ville typique du sud asiatique. Les tuk-tuks de toutes les couleurs se faufilent entre les voitures en klaxonnant", décrit-il. "Mais aujourd’hui, elle a un peu perdu de son entrain."

Il a également été étonné par les soldats en armes qu’on voit un peu partout. Ils sont postés dans toutes les rues du centre-ville devant les bâtiments à risque, comme les hôtels par exemple. Ce n’est pas anodin. Depuis la fin de la guerre civile en 2009, le tourisme augmente de manière exponentielle.

Le nombre de personnes qui vivent du tourisme a été multiplié par trois en dix ans. "Alors quand j’ai demandé à mon chauffeur de taxi s’il avait peur qu’il y ait d’autres attentats, il m’a répondu : "non non, c’est sûr ici ".

Ils ont ensuite fait plus ample connaissance. "J’ai appris qu’il s’appelait Sana et qu’il était bouddhiste. A la question "Que pensez-vous de ce qui s’est passé hier ?", il a répondu que le Sri Lanka était un pays en plein développement." En une nuit, ce développement a été détruit.


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Tous les secteurs ont été touchés : le tourisme, le business, etc. "Mon business, c’est le tourisme et tout est perdu. Les touristes vont rentrer chez eux. Ma famille va avoir beaucoup de problèmes. Ça me rend malheureux", confie Sana.

 

Je demande aux gens de rester calmes

Au moment où les bombes ont explosé, un pasteur se trouvait dans son bureau. Jude Fernando s'apprêtait à célébrer la messe de Pâques dans l’église Saint Antoine. Il a rencontré Alexandre Mitea et lui a dit vouloir remercier Dieu d'avoir sauvé sa vie. "Mais je suis très triste et inquiet", ajoute-t-il. "Je n'ai pas vraiment de mots pour l'expliquer. Je n'ai pas pu dormir hier. Je suis allé à l'extérieur pour parler aux gens qui étaient en train de pleurer parce que ces explosions se sont déroulées sur des lieux de prière. Quelle que soit sa religion, sa langue ou sa caste, toute la communauté a été touchée car elle aime cet endroit."

L’homme d’église insiste sur le fait que les Srilankais aiment la paix et ne veulent pas se venger. "Tout le monde est inquiet, et je sais que c'est une situation très douloureuse. C’est très dur de se relever, mais je demande toujours à tout le monde de prier pour les victimes, de soutenir les familles et de rester calme."
 

Hier, il n’y avait pas seulement des chrétiens. "Tout le monde vient ici : les musulmans, catholiques, hindous, bouddhistes, etc. Il y avait des personnes venues de tous les coins du Sri Lanka. Nous allons reconstruire l’église. Mais je veux surtout demander aux gens de reconstruire leurs vies et leur dire que nous serons là pour les aider."

Aujourd’hui, les familles pleurent leurs victimes et tous les autres Srilankais n’ont qu’une crainte, que les touristes prennent peur et se détournent de leur île. Ce serait une deuxième catastrophe, économique celle-là.

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