2002-2017: en quinze ans, le FN s'est imposé dans le paysage politique français

Des cris, des pleurs, de la colère, des manifestations partout dans Paris et à travers la France, des appels à la mobilisation... c'était le 21 avril 2002, le jour où Jean-Marie Le Pen s'est qualifié pour le second tour de l'élection présidentielle face à Jacques Chirac. A l'époque, le Front National avait déjoué tous les sondages et personne n'imaginait une autre configuration qu'un second tour Chirac-Jospin.

Aussitôt, Lionel Jospin, le candidat socialiste, avait pris acte de ce "coup de tonnerre" et annoncé son "retrait de la vie politique". Le lundi 22 avril 2002, Le Figaro titrait sur "Le Séisme". Libération affichait un "NON" en majuscules, tout comme l'Humanité qui barrait le portrait de Jean-Marie Le Pen d'une croix rouge.

Ce lundi 24 avril, la presse française titre surtout sur le pari gagné d'Emmanuel Macron ou sur le duel qui se profile avec sa rivale frontiste.

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Quelques unes de la presse française publiées le 22 avril 2002. © Tous droits réservés
Quelques unes de la presse française publiées le 24 avril 2017. © Tous droits réservés

A l'époque, Jean-Luc Mélenchon était ministre délégué à l'Enseignement professionnel. Pour lui, il ne fallait "pas hésiter" lors du second tour organisé quinze jours plus tard. "Mettez des gants si vous voulez, des pinces ou ce que vous voulez, mais votez. Abaissez le plus bas possible Le Pen", déclarait-il alors. Aujourd'hui, il est moins catégorique et n'a pas donné de consigne de vote en vue du scrutin du 7 mai prochain.

De 4,8 à plus de 7 millions de voix

Pourtant, la différence entre 2002 et 2017 est énorme. Marine Le Pen a récolté plus de 7 millions de voix dimanche 23 avril (21,53%). Son père n'en avait "que" 4,8 millions en 2002 (11,66%). Certes, le contexte est différent, la configuration d'il y a quinze ans - avec ses multiples petits candidats qui ont éparpillé les voix de gauche - n'est pas la même qu'aujourd'hui. Mais le symbole est là : le FN est devenu fréquentable pour une bonne partie de l'électorat.

Dans une analyse de la soirée électorale côté médias, Slate.fr note ce contraste criant. "Sur TF1, le reporter en direct de Henin-Beaumont va causer de la musique diffusée dans la salle ("Stayin' alive" des Beegees), France 2 diffuse en duplex les images d'un couple de militants FN qui dansent le rock pendant que Jean-François Copé et François Bayrou s'écharpent. Sur BFMTV, Marion Maréchal-Le Pen est à peine contredite."

Reste à voir si la mise en place d'un Front républicain permettra de contrer le vote d'extrême droite. En tout cas, à gauche comme à droite, plusieurs candidats et leurs soutiens invitent à voter pour Emmanuel Macron lors du second tour.

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