2 450 soldats camerounais participeront à la force multinationale contre Boko Haram

Le président camerounais Paul Biya, à gauche, avec son homologue nigérian, Muhammad Buhari, à Yaoundé le 29 juillet.
Le président camerounais Paul Biya, à gauche, avec son homologue nigérian, Muhammad Buhari, à Yaoundé le 29 juillet. - © Reinnier KAZE - AFP

Le Cameroun mobilisera 2 450 militaires pour participer à la Force d'intervention conjointe multinationale (MNJTF) contre Boko Haram, qui doit compter au total 8 700 hommes, a annoncé vendredi le ministre de la Défense.

"Le président de la République du Cameroun a autorisé le déploiement d'un contingent de 2 450 hommes au titre de la contribution du Cameroun à la force multinationale mixte", indique un communiqué du ministre Edgard Alain Mebe Ngo'o, lu à la radio nationale.

Selon le texte, le président Paul Biya a aussi nommé au poste d'adjoint au commandant de la force multinationale le général de brigade Valère Nka. Un autre général, Bouba Dobekreo, est nommé commandant du premier secteur de la MNJTF à Mora, dans l'Extrême-nord du Cameroun frontalier du Nigeria. Ces deux officiers supérieurs ont été promus généraux jeudi par Paul Biya.

Le chef de l'Etat camerounais a procédé à ces nominations conformément aux résolutions du sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de la commission du bassin du lac Tchad (Clbt) et du Bénin organisé à Abuja le 11 juin, consacré à la lutte contre le groupe islamiste nigérian. Le Cameroun est engagé dans une coalition régionale de lutte contre Boko Haram aux côtés du Nigeria, du Tchad, du Niger et du Bénin. Cette coalition vise à mobiliser 8 700 hommes, essentiellement des militaires mais aussi des policiers et des civils, pour combattre de manière concertée les islamistes nigérians au sein de la MNJTF. Le Bénin a déjà annoncé son intention de mobiliser 800 hommes dans cette force dont le déploiement est toujours attendu. La force, dont l'état-major est basé à N'Djamena, sera dirigée par le général nigérian Iliya Abbah, officier d'infanterie musulman originaire du nord du Nigeria, et divisée en "secteurs". L'Extrême-Nord du Cameroun est depuis deux ans la cible régulière de raids meurtriers et d'enlèvements menés par les insurgés de Boko Haram, qui recourent désormais également aux attentats-suicides, jusque-là inédits dans ce pays. Cinq attentats-suicide ont ainsi frappé la région au cours du mois de juillet, faisant une cinquantaine de morts.