1er mai en France: des heurts entre les "Black Blocs" et la police à Paris, manifestations calmes ailleurs

Les manifestations du 1er mai ont réuni 151.000 manifestants dans toute la France, dont 16.000 à Paris. Ce chiffres émanent du Ministère français de l'Intérieur. Le comptage a été fait à 14 heures. Un autre comptage réalisé par le cabinet indépendant Occurence et commandé par plusieurs médias français publie lui un chiffre de 40.000 manifestants à Paris. 

Des incidents violents dès 13 heures

Des incidents ont éclaté mercredi à la mi-journée à Paris entre des militants radicaux et des policiers, peu avant le coup d'envoi officiel du traditionnel cortège du 1er mai, placé sous haute surveillance en raison des craintes de violences. Des premiers heurts ont éclaté à Paris vers 13h00 avant le démarrage officiel de la manifestation syndicale du 1er mai. 

Dans une ambiance tendue, des grenades de désencerclement et lacrymogènes ont été lancées par les forces de l'ordre sur quelques centaines de militants anticapitalistes "blacks blocs", sur le boulevard du Montparnasse. Les forces de l'ordre ont essuyé également des jets de projectiles. Un manifestant a été blessé à la tête, selon un journaliste de l'AFP. 

206 gardes à vue à Paris, 288 interpellations 

A 18 heures, les médias français publiaient les derniers chiffres de préfecture de police de Paris qui signalait 288 interpellations et plus de 15.000 contrôles préventifs. Le parquet de Paris signalait également 206 placements en garde à vue, en lien avec la manifestation du 1er mai dans la capitale.

Le ministère, qui a déployé plus de 7.400 policiers et gendarmes attendait "1000 à 2000 activistes radicaux". Mardi, Emmanuel Macron a réclamé que la réponse aux "black blocs" soit "extrêmement ferme", après des appels sur les réseaux sociaux à transformer Paris en "capitale de l'émeute".

Le secrétaire général de la CGT contraint de quitter momentanément la manifestation

A Paris, manifestants "Gilets jaunes" et militants de la CGT ont commencé à se mêler gare Montparnasse, d'où ils devaient prendre la direction de la place d'Italie

Selon l'AFP, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a été contraint de quitter la manifestation du 1er mai à Paris, près de la gare Montparnasse d'où devait partir la manifestation syndicale parisienne, après avoir été pris à partie par des radicaux. Philippe Martinez serait ensuite revenu dans le cortège. 

Selon un militant CGT également témoin de la scène, et cité par l'AFP, juste avant de partir, le leader syndical s'était retrouvé coincé dans des affrontements entre des "black blocs" et des forces de l'ordre. Lorsqu'il s'est replié vers une rue adjacente, il a essuyé des jets de bouteilles "par un groupe d'individus", selon ce témoin.

La CGT évoque "une répression inouïe et sans discernement"

Selon des journalistes de l'agence Reuters sur place, des dizaines d'individus violents se sont mêlés aux manifestants en tête du
cortège de la CGT et de plusieurs autres syndicats, qui s'est élancé de Montparnasse en direction de la place d'Italie.

Les forces de l'ordre sont intervenues, faisant notamment usage de gaz lacrymogène.

"Alors que le cortège intersyndical devait démarrer à 14h30, une répression inouïe et sans discernement a lieu suite aux actes de violence de certains", écrit la CGT dans un communiqué.

"Nos camarades présents, y compris notre secrétaire général, se font gazer et reçoivent des grenades. Ce scénario en cours, scandaleux et jamais vu, est inadmissible dans notre démocratie", ajoute le syndicat français. 

Forces de l'ordre: "La CGT n'a jamais été la cible des policiers et gendarmes"

La préfecture de police de Paris a réagi en publiant un communiqué sur les réseaux sociaux. "Les forces de l'ordre ont pour mission de faire respecter l'ordre républicain qui permet à chacun d'exprimer ses opinions en toute sécurité. La CGT n'a jamais été la cible des policiers et gendarmes qui ont assuré leur mission avec détermination face à des casseurs violents"

 

Les manifestations se déroulent dans la calme à Marseille, Bordeaux et Strasbourg

A Marseille, des milliers de personnes ont manifesté dans la matinée dans un cortège placé sous le signe de la "convergence des luttes" entre forces sociales et "Gilets jaunes" auquel s’est joint le leader de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon. "Ce qui est nouveau cette année, c'est la jonction entre le mouvement ouvrier, traditionnel, syndical et le mouvement spontané, insurrectionnel, des Gilets jaunes", a déclaré à la presse le leader de LFI.

"Jusqu'à quel point, dans quelles proportions, comment tout cela se mélange bien ou mal, c'est ça la grande question politique dans laquelle est plongé notre pays et à laquelle sontconfrontés tous les dirigeants responsables, y compris nous", a ajouté le député, qui était accompagné par Manon Aubry, la tête de liste de LFI pour les élections européennes du 26 mai.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK