185 tortues emballées dans du plastique découvertes dans une valise à l'aéroport des Galapagos

185 tortues ont été découvertes dans une valise à l’issue d’un contrôle de routine dans l’aéroport de l’île de Baltra, la principale porte d’entrée de l’archipel des Galapagos. Elles devaient être acheminées vers la ville de Guayaquil, sur le continent. L’auteur présumé de ce trafic de faune sauvage est un policier, Nixon Alejandro P.D., a précisé le Parquet équatorien sur son compte Twitter.

L’homme a été arrêté et encourt une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison et 4.000 dollars d’amende. Il est actuellement en prison préventive et sera jugé le 18 avril prochain, a indiqué le ministère de l’Environnement et de l’Eau dans un tweet.

Alors que la valise était censée contenir des "souvenirs", les tortues âgées de moins de trois mois avaient été enveloppées dans du plastique pour ne pas bouger. Dix sont mortes asphyxiées à l’aéroport et les autres ont été transférées dans un enclos du centre d’élevage Fausto Llerena de l’île de Santa Cruz. Après avoir été marquées en leur qualité de pièce à conviction, elles sont actuellement soignées* par les spécialistes du Parc National Galapagos.

Après les avoir mesuré et pesé, les gardes du parc ont confirmé que les tortues écloses n’étaient pas en bonne santé. Cinq reptiles supplémentaires d’ailleurs n’ont pas résisté au stress de leur capture et de leurs mauvaises conditions de transport. Leurs corps ont été congelés pour qu’une autopsie confirme la cause du décès.

Des dizaines de milliers de dollars à la revente

Le ministre de l’Environnement Marcelo Mata a précisé dans un communiqué que "tout le poids de la loi s’exercera sans contemplation sur ces personnes qui font tant de mal à la société". Rappelant que "le trafic d’espèces animales est le quatrième trafic illicite le plus important au monde [et qu’il] rapporte des milliards de dollars", le gérant de l’aéroport des Galapagos Jorge Rosillo n’est pas étonné par cette découverte. "Les espèces endémiques des Galapagos sont très recherchées sur le marché asiatique où elles peuvent valoir des dizaines de milliers de dollars", a-t-il précisé. 

Alors qu’en octobre 2018, 128 bébés tortues avaient disparu du centre de reproduction de l’île d’Isabela, le directeur du Parc National Galapagos Danny Rueda a précisé que les tortues récupérées dimanche "ne provenaient pas des centres d’élevage" existants sur plusieurs îles de l’archipel. Elles auraient donc été capturées dans la nature mais pour l’heure les autorités ne savent pas de quelles îles.


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Les 170 tortues récupérées encore vivantes sont en effet encore trop jeunes pour que leur carapace soit formée. "Il est donc impossible à simple vue d’identifier leur espèce", a précisé Washington Tapia, expert en tortues géantes et ex fonctionnaire du parc National Galapagos.

Espèce en danger

Ayant servi de laboratoire natural au scientifique anglais Charles Darwin pour l’élaboration de sa théorie sur l’évolution des espèces, l’archipel des Galapagos tire son nom des 15 espèces de tortues géantes endémiques qui s’y sont développées, dont trois sont aujourd’hui officiellement éteintes.  

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