150 000 signatures contre la nomination de Barroso chez Goldman Sachs

Le recrutement de l'ancien président de la Commission européenne José Manuel Barroso passe mal notamment auprès de fonctionnaires européens
Le recrutement de l'ancien président de la Commission européenne José Manuel Barroso passe mal notamment auprès de fonctionnaires européens - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

José Manuel Barroso, l'ancien président de la Commission européenne, peut-il travailler pour Goldman Sachs ? En juillet dernier, on apprenait que José Manuel Barroso avait été recruté comme président non-exécutif d'une division du groupe bancaire américain. La nouvelle avait suscité pas mal de critiques au sein de l'Union européenne.

Rien n'interdit cependant à celui qui a dirigé la Commission européenne de 2004 à 2014 d'occuper un tel poste au sein d'une telle entreprise. Mais se pose tout de même la question de l'éthique. C'est en effet Goldman Sachs qui a notamment aidé le gouvernement grec à maquiller ses comptes pour rentrer dans la zone euro au début des années 2000. Le choix de Barroso de rejoindre cette banque a donc suscité un malaise notamment au sein des fonctionnaires européens. Une pétition va d'ailleurs être remise ce mercredi aux présidents de la Commission, du Conseil et du Parlement européens, respectivement Jean-Claude Juncker, Donald Tusk et Martin Schulz. Et le moins que l'on puisse dire c'est que cette démarche est plutôt inhabituelle.

Quelques jours après l'annonce du recrutement de José Manuel Barroso par la banque d'investissement américaine, plusieurs fonctionnaires européens se sont mobilisés à titre individuel et de façon anonyme, devoir de réserve oblige. Ils contestent avec des mots très durs "une décision irresponsable, hautement préjudiciable pour les institutions européennes et moralement malhonnête".

Le symbole d'une trop grande proximité entre les pouvoirs économiques et publics

Trois mois plus tard, la pétition a récolté plus de 150 000 signatures. Un résultat qui réjouit Bernd Loescher, président de l'Union syndicale, l'un des principaux syndicats de fonctionnaires : "Je trouve ça très bien que des collègues, individuellement, défendent la mission publique des institutions. Cette mission est salie par les agissements de monsieur Barroso parce que cela symbolise la trop grande proximité entre les cercles de pouvoir économiques et les institutions chargées d'administrer la vie publique".

La pétition demande notamment la suspension des indemnités de retraite de José Manuel Barroso. Mais cela risque de s'avérer difficile puisque rien n'empêche légalement un ancien commissaire d'aller pantoufler dans le privé après son mandat. Les signataires demandent également aux institutions européennes d'examiner en détail et en toute transparence si Barroso a bien respecté ses devoirs d'intégrité et de discrétion pendant son mandat ou encore le renforcement des règles éthiques à appliquer aux anciens membres de la Commission.  

De son coté Jean-Claude Juncker, l'actuel président de la Commission, a annoncé qu'il avait saisi le comité d'éthique de la Commission. Ses recommandations sont attendues dans les prochaines semaines. Et avec une telle pression, difficile d'imaginer qu'elles resteront lettre morte.

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