118 évêques réunis à Lourdes pour écouter des victimes de pédophilie

Jusqu'au 8 novembre, le parlement de la CEF discutera de "la question de faire appel à un groupe d'experts indépendants" pour faire la transparence sur les abus sexuels dans l'Eglise par le passé.
Jusqu'au 8 novembre, le parlement de la CEF discutera de "la question de faire appel à un groupe d'experts indépendants" pour faire la transparence sur les abus sexuels dans l'Eglise par le passé. - © ERIC CABANIS - AFP

Grande première pour l’assemblée plénière des évêques de France cette année à Lourdes : elle accueille pour la première fois huit victimes d’abus sexuels commis par l'Eglise.

Cette rencontre ne se déroule pas dans l’hémicycle Sainte Bernadette où se réunit le "parlement" de l’Eglise, comme les victimes le souhaitaient, mais au sein de petits groupes de travail réunissant chacun deux victimes et 25 à 30 évêques. Pour cette raison, la principale association de victimes, La Parole libérée, a renoncé à venir à Lourdes. Son président, François Delvaux, juge que les victimes sont finalement "reçues en catimini" et dénonce une "opération de communication" orchestrée par l'Eglise.

Lors de son discours d’ouverture ce samedi matin, le président de la Conférence des évêques de France (CEF) et archevêque de Marseille, Mgr Georges Pontier, a reconnu que l’épiscopat n’avait que "trop lentement perçu la profondeur de (la) blessure" des personnes abusées. Il a également émis le souhait que les évêques prennent leur "juste part dans la réparation humaine, spirituelle et ecclésiale de ce qui a été détruit dans leur chair et leur vie".

Avoir une parole qui explique, qui apaise

L’une des victimes, Olivier Savignac, veut "envoyer un signe fort auprès des évêques". Ils doivent prendre "conscience de la gravité des faits" au moment où de nouveaux scandales d'abus sexuels ont récemment éclaté aux Etats-Unis et en Allemagne. 

Une autre victime, Véronique Garnier, juge que cette rencontre est "l'occasion d'avoir une parole qui explique, qui apaise".

Jusqu'au 8 novembre, le parlement de la CEF discutera également de "la question de faire appel à un groupe d'experts indépendants, historiens et d'autres compétences" pour faire la transparence sur les abus sexuels dans l'Eglise par le passé, a confirmé Mgr Pontier.

Réclamée par un collectif de personnalités, une demande de commission d'enquête parlementaire sur les actes de pédophilie dans l'Eglise s'est heurtée il y a deux semaines au refus du Sénat. A défaut, une simple mission d'information portant sur les "abus sexuels dans tous les lieux d'accueil des mineurs" va être lancée.

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