Turquie: 9000 euros d'amende pour le journaliste qui a "insulté" Erdogan

Dündar et l'un de ses collègues risquent la prison à vie dans un autre procès en cours.
Dündar et l'un de ses collègues risquent la prison à vie dans un autre procès en cours. - © OZAN KOSE - AFP

Le rédacteur en chef d'un quotidien d'opposition turc, Can Dündar, a été condamné lundi à 9000 euros d'amende pour "insulte" au président Erdogan dans une série d'articles sur un scandale de corruption visant l'actuel président en 2013.

"Si révéler la vérité est un crime, alors nous continuerons d'en commettre"

Annonçant lui-même la nouvelle sur Twitter, Can Dündar, qui risque la prison à vie pour "espionnage" dans une autre affaire, a déclaré : "Si révéler la vérité est un crime, alors nous continuerons d'en commettre".

Il a été condamné à 28 650 livres turques (près de 9000 euros) pour avoir écrit plusieurs articles et chroniques sur une rocambolesque affaire de corruption qui a éclaboussé en décembre 2013 Erdogan, alors Premier ministre, et son proche entourage, dont son fils Bilal et son actuel ministre des Transports.

Un "État parallèle" destiné à renverser Erdogan ?

Le journaliste avait notamment interviewé l'un des procureurs en charge de l'enquête, suscitant l'ire d'Erdogan, qui s'était porté partie civile. Dündar était poursuivi pour "insulte" et "violation du secret de l'instruction", mais a été reconnu non coupable de ce dernier chef d'accusation.

Voyant derrière l'affaire de corruption la main du prédicateur Fethullah Gülen, un ancien allié de Erdogan accusé d'avoir mis en place un "État parallèle" destiné à le renverser, les autorités turques ont multiplié les purges, notamment dans la police et le monde judiciaire.

"À vrai dire, je pense n'avoir commis aucun crime dans cette histoire", a déclaré Dündar devant le tribunal, cité par son quotidien Cumhuriyet. "Je maintiens tout ce que j'ai écrit", a-t-il ajouté.

L'avocat du journaliste a annoncé qu'il ferait appel.

Jusqu'à la prison à vie dans un autre procès

Dündar et l'un de ses collègues risquent la prison à vie dans un autre procès en cours. Ils sont accusés d'espionnage, de divulgation de secrets d'Etat et de tentative de coup d'Etat pour avoir diffusé en 2014 un article et une vidéo faisant état de livraisons d'armes par les services secrets turcs à des rebelles islamistes en Syrie.

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