Tiananmen commémoré pour la première fois au Parlement taïwanais

Des députés du PDP de premier plan, auxquels se sont joints des membres du KMT et le dissident chinois en exil Wu'er Kaixi, ont observé une minute de silence.
Des députés du PDP de premier plan, auxquels se sont joints des membres du KMT et le dissident chinois en exil Wu'er Kaixi, ont observé une minute de silence. - © SAM YEH - AFP

Le Parlement taïwanais a commémoré vendredi pour la première fois la répression du printemps de Pékin en 1989 sur la place Tiananmen, les députés appelant le nouveau gouvernement à soulever la question des droits de l'Homme avec la Chine.

Relations "froides" avec la Chine

Les relations entre les deux rives du détroit de Formose se sont rafraîchies depuis la victoire électorale en janvier de la nouvelle présidente Tsai Ing-wen et de son Parti démocratique progressiste (PDP), mouvement aux positions traditionnellement indépendantistes.

Mme Tsai succède à Ma Ying-jeou, membre du Kuomintang (KMT), qui avait opéré pendant huit ans un rapprochement spectaculaire avec Pékin.

Les autorités taïwanaises ont déjà appelé la Chine à tirer les leçons de Tiananmen mais c'est la première fois que le Parlement commémore l'événement. Avec un jour d'avance sur la date anniversaire du 4 juin, des députés du PDP de premier plan, auxquels se sont joints des membres du KMT et le dissident chinois en exil Wu'er Kaixi, ont observé une minute de silence.

Ils ont également signé une motion proposée par le député PDP Yu Mei-nu exigeant du gouvernement qu'il "exprime les graves préoccupations de Taïwan sur le fait de remédier à l'incident du 4 juin à un moment approprié". "Taïwan et la Chine ont des relations très étroites, alors la suppression des droits de l'Homme subie par les citoyens chinois peut très bien menacer les droits de l'Homme à Taïwan", a déclaré M. Yu.

Pour une démocratisation de la Chine

Pour Chen Shei-saint, du KMT, une démocratisation de la Chine constituerait "la plus grande garantie pour la sécurité de Taïwan". Taïwan suit sa propre destinée depuis 1949, date à laquelle les nationalistes du KMT s'y étaient réfugiés après avoir été vaincus par les communistes de Mao Tsé-toung.

Pékin considère toujours l'île comme faisant partie intégrante de son territoire, susceptible d'être reprise par la force le cas échéant.

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, après sept semaines de mobilisation de manifestants qui exigeaient des réformes démocratiques en Chine, soldats et blindés du régime communiste avaient donné l'assaut en ouvrant le feu sur la foule jusqu'à la place Tiananmen, au centre de la capitale.

Aucun bilan définitif officiel n'a été fourni mais des sources indépendantes font état de plusieurs centaines et jusqu'à plus de mille morts. L'événement est encore tabou en Chine.

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