Taïwan présente pour la première fois ses excuses aux peuples indigènes

La présidente de Taiwan, Tsai Ing-wen et le chef indigène Capen Nganaen, à Taipei, le 1er août 2016
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La présidente de Taiwan, Tsai Ing-wen et le chef indigène Capen Nganaen, à Taipei, le 1er août 2016 - © Presidential Office

La présidente Tsai Ing-wen a présenté lundi des excuses officielles aux peuples indigènes de Taïwan pour les souffrances endurées au fil des siècles, une première de la part d'un chef d’État de ce pays d'Asie de l'est.

Tsai Ing-wen, première présidente de l'île à avoir du sang aborigène, va diriger personnellement une commission d'enquête sur les injustices du passé, dans le cadre des efforts du gouvernement en vue d'apaiser les tensions avec cette communauté autochtone.

"Je présente mes excuses aux peuples indigènes de la part du gouvernement, afin de vous transmettre nos plus sincères excuses pour les souffrances et les injustices que vous avez subies au cours des 400 dernières années", a déclaré la présidente dans une allocution.

"Nous devons examiner sérieusement l'histoire et dire la vérité", a-t-elle ajouté, soulignant que les excuses étaient "un nouveau pas en avant".

Droit de chasse

Des centaines d'indigènes ont manifesté devant le palais présidentiel à Taipei au cours du week-end, appelant à la protection de leur droit de chasse et exigeant des actions concrètes du gouvernement.

La communauté indigène, qui représente environ 2% des 23 millions de Taïwanais, a vu sa culture traditionnelle érodée depuis l'arrivée des migrants de Chine il y a plusieurs siècles.

Les terres des indigènes sont aujourd'hui en grande partie classées parc naturel, ce qui provoque des disputes sur la chasse et la pêche. Le chômage est plus élevé chez les aborigènes et leurs salaires sont inférieurs de 40% à la moyenne nationale, selon le Conseil des peuples indigènes, un organisme public.

Jours fériés

Les chasseurs aborigènes ne sont autorisés à utiliser que des armes à feu de fabrication maison, ce qui, disent-ils, est dangereux. Ils ne peuvent chasser que les jours fériés, restriction très mal tolérée.

Le sentiment d'être des laissés-pour-compte remonte à la perte de leurs droits ancestraux sur la terre, déjà menacés par l'arrivée d'immigrants chinois il y a 400 ans.

La présidente Tsai avait promis d'accroître l'autonomie et les droits des peuples indigènes lors de sa campagne électorale, qui a vu sa formation, le Parti démocratique progressiste (PDP), remporter une large victoire en janvier.

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