Fukushima: après le mea culpa, TEPCO prépare le retour au nucléaire

Dans son costume trop grand pour lui, M. Shinichi répète une phrase qu'il a souvent prononcé ces dernières années :"Tout d'abord, je tiens à dire que nous sommes désolés pour ce qui s'est passé à Fukushima Daiichi en 2011." Pour le responsable de la communication internationale de TEPCO, ces excuses sont devenues un passage obligé lorsqu'il est interrogé sur le nucléaire.

"De toute façon, au Japon est obligé de faire des mea culpa. C'est le B.A-BA de la communication. Il faut dire qu'on est désolé et que cela ne se reproduira plus, prendre ses responsabilités etc...", explique Jean-Marie Bouissou, historien, spécialiste du Japon contemporain.

Mais après les excuses, l'opérateur japonais a bien l'intention de se relancer dans le nucléaire. Il tente de rouvrir sa centrale de Kachiwazaki-Kariwa, dans le centre du pays. Pour y parvenir, TEPCO peut compter sur le soutien de l’État. "Le gouvernement japonais estime que l'énergie nucléaire est importante pour la stabilité économique du pays et pour l'environnement, se justifie M. Shinichi. Mais avant tout nous devons insister sur la sécurité."

Un lobbying payant pour les entreprises électriques

A l'horizon 2030, le gouvernement libéral-démocrate de Shinzo Abe espère revenir à plus de 20% d'électricité issue de l'énergie nucléaire. Même si les arguments invoqués sont ceux du moindre coût économique et de l'indépendance nationale, ce plan est en réalité né d'un puissant lobbying de la part des entreprises électriques comme TEPCO n'y sont pas étrangères, selon Jean-Marie Bouissou.

"Les compagnies d'électricité sont les principaux employeurs dans les régions, dit-il. Elles ont énormément d'argent donc elles contrôlent assez bien les élus locaux. Ce sont de formidables puissances politiques. Tous les cadres de TEPCO, à partir d'un certain niveau, sont donateurs au parti Libéral Démocrate."
Hormis le parti communiste (environ 10% des électeurs), aucun parti politique ne s'oppose frontalement au redémarrage des centrales nucléaires. Pourtant, selon les sondages près de 60% des japonais sont défavorable à ce retour au nucléaire.
 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK