Coronavirus : des centaines de passagers confinés sur un paquebot au Japon, "une mauvaise idée depuis le départ"

Le nombre de cas positifs au nouveau coronavirus recensés sur le paquebot de croisière Diamond Princess en quarantaine près de Yokohama (banlieue de Tokyo) ne cesse de grimper. Il est monté à 355, a annoncé dimanche le ministre japonais de la Santé.

"Jusqu’à présent, nous avons effectué des tests sur un total de 1219 personnes, et 355 se sont révélés positifs", a déclaré Katsunobu Kato lors d’une émission politique matinale sur la chaîne publique NHK. Cela signifie que 70 cas de plus ont été confirmés depuis samedi. Sur ce total de personnes contaminées, 73 ne présentent pas de symptômes, a-t-il précisé.

Plus de 3700 passagers et membres d’équipage effectuaient une croisière sur ce bateau quand un passager débarqué à Hong Kong a été détecté positif au coronavirus. Ce cas initial sur le navire a entraîné la mise en quarantaine du Diamond Princess dans un port du Japon.

Le nombre augmente

Depuis, au fil des jours et des tests, le nombre augmente chaque jour. Les personnes atteintes sont transférées dans des hôpitaux spécialement équipés au Japon.

Face à cette situation qui s’aggrave, le gouvernement américain a décidé d’évacuer ses ressortissants sains. Un avion doit être spécialement affrété afin de les rapatrier aux Etats-Unis pour une mise en quarantaine de 14 jours sur deux bases militaires. Le gouvernement de Hong Kong a également annoncé samedi qu’il allait prendre en charge ses quelques 330 ressortissants présents sur le navire pour les rapatrier par avion.

Par ailleurs, en plus de 355 cas du navire, les autorités nippones ont confirmé que 53 autres personnes sur le territoire japonais avaient été infectées par le coronavirus dans différentes régions, avec une traçabilité difficile à établir pour un nombre croissant de cas. Les experts estiment que "des malades touchés par le coronavirus peuvent désormais apparaître n’importe où au Japon" et que les citoyens doivent prendre le plus de précautions possibles.

Extrêmement difficile de gérer un tel virus sur un bateau de croisière

Le problème d’une quarantaine à bord d’un paquebot est que c’est l’endroit idéal pour la propagation du virus. Les recommandations de se tenir à deux mètres au moins d’autres passagers sont impossibles à respecter. Ainsi, certains se demandent si cette mise en quarantaine à bord d’un bateau de croisière n’était la pire idée que pouvaient avoir les autorités japonaises.

Selon le Dr Michael Mina, épidémiologiste à Harvard, qui s’est entretenu avec la chaîne publique canadienne CBC : "Il est extrêmement difficile de gérer un tel virus sur un bateau de croisière. C’est l’endroit idéal pour que l’épidémie se propage". De son côté, le Dr Robert Quigley, spécialiste des voyages à risques sanitaires estime qu'"il y aura toujours un risque de transmission d’une maladie lorsque vous aurez à bord des milliers et des milliers de personnes d’horizons différents avec des conditions médicales différentes, ils se rassemblent dans les espaces publics où il n’y a pas assez d’espace pour assurer une distance suffisante entre les passagers."

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l'attente des familles se fait longue © AFP

Des passagers un peu désemparés

Des passagers, informés qu’ils devraient peut-être rester à bord 14 jours même si leur test s’est révélé négatif, se sont montrés à leur balcon, certains saluant les caméras, tandis que d’autres prenaient des photos. Interrogés par les médias, plusieurs ont décrit une certaine confusion à bord, et un fort ennui, car ils sont confinés dans leur cabine pour éviter de croiser des malades.

L’épidémie de coronavirus force aussi des passagers à devoir se quitter brutalement. En pleine lune de miel, Kent Frasure a ainsi assisté avec impuissance à l’évacuation de sa compagne Rebecca, placée depuis à l’isolement dans un hôpital japonais après avoir contracté le coronavirus.

"On n’a pas pu s’embrasser en se quittant parce qu’on ne savait pas vraiment ce qu’il se passait", a déclaré M. Frasure à la chaîne américaine de télévision CNBC.
 

Le nombre de morts causées en Chine continentale par le nouveau coronavirus approchait dimanche les 1700, tandis qu’un premier décès hors d’Asie a été signalé samedi en France.

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