Birmanie: deux journalistes arrêtés pour une enquête sur un massacre de Rohingyas

Le 1er février, la justice birmane a refusé la demande de liberté sous caution des deux journalistes de Reuters. La prochaine audience est prévue pour le 14 février.
Le 1er février, la justice birmane a refusé la demande de liberté sous caution des deux journalistes de Reuters. La prochaine audience est prévue pour le 14 février. - © AUNG KYAW HTET - AFP

Les deux journalistes de Reuters derrière les barreaux depuis deux mois ont été arrêtés pour avoir enquêté sur le massacre de dix Rohingyas par l'armée et des villageois bouddhistes, a rapporté jeudi l'agence de presse, qui révèle les détails de leur enquête.

C'est la première fois que Reuters évoque publiquement l'investigation qui a conduit à l'arrestation le 12 décembre de Wa Lone, 31 ans, et Kyaw Soe Oo, 27 ans.

Les deux journalistes risquent jusqu'à 14 ans de prison pour possession de documents classifiés.

Une enquête compromettante

Dans leur enquête, dont a fait état Reuters ce jeudi, les deux journalistes citent notamment des villageois bouddhistes qui auraient participé avec des soldats au massacre des dix captifs dans le village de Inn Dinn, le 2 septembre 2017.

Le travail des journalistes était basé sur des témoignages de villageois bouddhistes, de membres de forces de sécurité et de proches des hommes tués.

Quelques jours après l'arrestation des deux journalistes birmans, l'armée avait reconnu que des soldats et des villageois bouddhistes avaient tué de sang-froid des captifs rohingyas, un premier aveu public de violation des droits de l'Homme après des mois de dénégations.

Lors de leur enquête, les deux journalistes ont également pu se procurer des photos du massacre, sur lesquelles on peut voir les dix hommes menottés et à genoux par terre. Mais aussi d'autres photos prises peu après des corps de ces hommes dans un large trou, couverts de sang, avec des blessures apparentes. L'un des hommes est décapité.

Les faits décrits mettent en évidence "la nécessité d'une enquête complète et exhaustive des autorités sur toutes les violences dans l'Etat Rakhine et les attaques contre les différentes communautés", a déclaré à New York le porte-parole de l'ONU Farhan Haq.

Le 1er février, la justice birmane a refusé la demande de liberté sous caution des deux journalistes de Reuters. La prochaine audience est prévue pour le 14 février.

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