Brésil: "J'ai une légitimité constitutionnelle", affirme Michel Temer

Le président brésilien par intérim Michel Temer a affirmé dimanche jouir d'une légitimité constitutionnelle, même si seule une bonne gestion lui permettra de gagner le soutien populaire, trois jours après la mise à l'écart du pouvoir de Dilma Rousseff.

"J'ai une légitimité constitutionnelle. Constitutionnellement, si la présidente est écartée, celui qui assume le pouvoir c'est le vice-président", a déclaré Michel Temer sur la chaîne de télévision Globo.

"J'ai été élu avec madame la présidente, les votes qu'elle a recueillis, moi aussi je les ai recueillis (...). Mais je reconnais que je n'ai pas cette assise populaire, que je ne gagnerai que si, avec mon gouvernement, qui est légitime quoique intérimaire, je produis un effet bénéfique pour mon pays. Je crois et j'espère que nous y arriverons", a-t-il ajouté.

"Un gouvernement intérimaire et illégitime"

Vice-président de Dilma Rousseff (Parti des travailleurs, gauche) pendant cinq ans avant d'appeler son parti centriste (PMDB) à quitter la coalition, Michel Temer assume la présidence par intérim depuis l'ouverture du procès en destitution de Rousseff jeudi, qui a entraîné sa mise à l'écart du pouvoir pour un maximum de 180 jours dans l'attente de son jugement final.

"Il y a un gouvernement intérimaire et illégitime du point de vue des votes. Je me battrai pour revenir", avait réagi Rousseff dont le mandat se termine fin 2018.

La droite accuse Dilma Rousseff d'avoir dissimulé l'ampleur des déficits publics en 2014 pour se faire réélire, ainsi qu'en 2015, via des tours de passe-passe budgétaires.

Temer ne se représentera pas

Si elle était jugée coupable, Michel Temer resterait au pouvoir jusqu'en 2018. Il a toutefois affirmé qu'il ne se représenterait pas.

"Je réfute la possibilité d'une éventuelle réélection, parce que cela me donne plus de tranquillité. Je n'ai pas besoin de faire des gestes ou des actes en vue d'une éventuelle réélection", a-t-il affirmé.

Temer a promis de réduire les dépenses publiques "là où c'est nécessaire", même s'il a assuré qu'il maintiendrait les programmes sociaux mis en place depuis l'élection de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003) puis de sa successeure (2011).

Critiqué pour n'avoir choisi que des hommes blancs dans son gouvernement, il a déclaré chercher "des représentantes du monde féminin" pour les secrétariats d'Etat de la Culture, des Sciences et de l'Egalité.

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