Insurrection à Washington : Proud boys, QAnon, Américains en colère… Qui sont les manifestants qui ont forcé les portes du capitole américain ?

Insurrection à Washington : Proud boys, QAnon, Américains en colère… Qui sont les manifestants qui ont forcé les portes du capitole américain ?
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Insurrection à Washington : Proud boys, QAnon, Américains en colère… Qui sont les manifestants qui ont forcé les portes du capitole américain ? - © SAUL LOEB - AFP

Les images de cette journée resteront à jamais gravées dans la mémoire américaine avec notamment celle de ce trappeur conquérant qui pose torse nu avec ses tatouages ou encore celles des hordes de manifestants bardés de drapeaux des États confédérés. Pour eux, c’était le grand soir, la révolution.

Mais qui sont ces manifestants ? Notre correspondant aux Etats-Unis, Raphaël Grand, parle de la "base dure de Trump". Il la décrit comme un groupe hétéroclite avec notamment des milices d’extrême droite qui ont forcé les barrages de policiers.

Une analyse partagée par Tanguy Struye. Ce professeur de relations internationales à l’UCLouvain et spécialiste des Etats-Unis a identifié trois groupes dans les personnes qui se sont introduites dans le temple de la démocratie ce 6 janvier 2021 : les groupuscules extrémistes, une population rurale en difficulté socio-économique et des élus républicains.

Les plus violents : les groupes d’extrême droite

Ce sont ceux "qui n’ont pas peur d’aller au contact avec la police", comme le décrit notre correspondant ce matin. "Et je pense qu’ils faisaient partie de ces personnes qui ont forcé les barrages policiers."

"Hier la plupart des gens présents étaient issus de l’extrême droite, analyse Tanguy Struye. Il y avait notamment les proud boys (ndlr : milice des suprémacistes blancs) qui sont aujourd’hui les plus connus. Ce sont des groupes qui existaient déjà par le passé mais ils étaient complètement isolés car il n’avait pas de porte-parole." On les reconnaît notamment grâce au drapeau confédéré.


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"Leur idéologie néonazie est contre le pouvoir, continue le professeur de l’UCLouvain. Grâce à Trump et à ses quatre ans de présidence, ces gens-là ont trouvé une sorte de représentants et ils n’ont plus du tout peur de se montrer."

Dans le même groupe, on retrouve aussi les conspirationnistes de QAnon. Ils sont reconnaissables par les pancartes avec la lettre Q. Selon les adeptes de cette théorie, le monde serait dirigé par "a deep State", un Etat profond au service des démocrates. "Cette structure cachée organiserait toute une série de pratiques tout à fait condamnables moralement comme des rapts d’enfants, des réseaux pédophiles etc.", nous décrit Olivier Klein, psychologue à l’ULB ayant étudié cette mouvance. "Ce mouvement est totalement dévoué à Donald Trump. Ses membres le voient comme une sorte de sauveur qui peut combattre cet Etat profond."

"S’ils étaient là hier, c’est parce qu’il se retrouve dans ce complot selon lequel l’élection de Trump aurait été volée, continue le psychologue. Au moment où Trump a fait son discours l’après-midi, ils ont été particulièrement sensibles à sa rhétorique. Il a parlé clairement de la nécessité de prendre des mesures moins douces que d’habitude. Dans ces conditions, on a tous les éléments nécessaires pour avoir une action collective violente."

Selon Tanguy Struye à l’UCLouvain, il y avait une volonté de s’attaquer au Capitole. "En témoignent les bombes artisanales retrouvées ainsi que les messages cryptés sur des réseaux non traditionnels."


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D’autres se sont laissés emporter par la foule

Sur les images montrant les manifestants pro-Trump, on voit aussi des personnes plus âgées, des couples voire des familles. "Ce sont des gens issus du monde rural, analyse Tanguy Struye. Ils sont dans une situation sociale et économique problématique." Ce sont "les fâchés" de la base électorale Donald Trump. "Ils voient en Trump un sauveur. Ils le soutiennent depuis 4 ou 5 ans."

Là aussi, le racisme a sa place. "Ce sont des gens qui ont peur de l’étranger, de la multiculturalité, explique Tanguy Struye. Ils se sentent menacés en tant que blancs dans un milieu rural où l’ouverture est moins importante." Mais il ne les rattache pas aux groupuscules d’extrême droite car il n’y avait pas de volonté de rentrer dans le capitole en ce qui les concerne. "Ils ont davantage été emportés par le groupe." Un phénomène récurrent dans l’analyse des psychologies des foules.


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Des républicains élus qui n’ont pas bougé

Enfin, dernier groupe identifié par notre analyste : les républicains élus qui n’ont pas eux-mêmes forcé les portes du Capitole mais qui n’ont rien fait pour contrer la foule.

Parmi eux, un élu de la Virginie Occidentale selon une information du New York Times. Derrick Evans a posté une vidéo sur sa page Facebook avant de la supprimer. On pouvait constater qu’il filmait parmi la foule devant une porte ou encore se précipitait avec les manifestants à l’intérieur, dans les couloirs du Capitole. Il ne nie d’ailleurs pas avoir été là sur sa page Facebook mais dit le faire "pour filmer l’histoire".

Extrait du JT de 19H00 du 9 janvier 2021 :

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