Donald Trump veut mettre fin à la crise des opiacés

Entouré d’anciens toxicomanes, de parents de victimes d’overdose ou encore de médecins spécialisés qu’il avait spécialement invités à la Maison Blanche, le président américain a officiellement qualifié l’épidémie aux opiacés d’urgence sanitaire nationale.

Sous cette appellation des opiacés, on retrouve notamment l’héroïne mais il y a aussi de nombreuses substances dérivées de l'opium, dont certains médicaments antidouleur, 50 à 100 fois plus puissants que la morphine. Près de 2 millions d'Américains en seraient aujourd'hui dépendants. Chaque année, plus de 30 mille personnes en meurent, c'est plus que l'addition des victimes de la route et des homicides par balles aux Etats-Unis, de quoi faire dire à Donald Trump, que "personne n’a jamais rien vu de pareil à ce qui se passe aujourd’hui". Selon le président américain, "des familles et des citoyens sont aujourd'hui confrontés à la pire crise d'addiction aux drogues de toute l'histoire des Etats-Unis, et sans doute de l'histoire du monde. C'est le cas dans le monde entier. C'est donc en réalité un problème mondial".

En s’exprimant une première fois sur l’épineux dossier de ces opiacés, Donald Trump avait évoqué, il y a quelques semaines, la possibilité d’en faire une urgence nationale, ce qui aurait permis de débloquer des fonds fédéraux prévus en cas de désastres naturels. Ce ne sera donc pas le cas : le 45ème président a finalement opté pour l’urgence sanitaire nationale, ce qui permettra, entre autres, de faciliter l’accès à des traitements par la télémédecine pour les personnes résidant dans des zones rurales – les cas d’addiction aux opiacés y sont très nombreux.

Campagnes de prévention

Un membre de l’équipe présidentielle a aussi précisé que cette déclaration d’urgence sanitaire va permettre de "rediriger tous les fonds fédéraux et exécutifs disponibles pour qu’ils soient recentrés sur l’assistance à fournir". L’éventuel déblocage de nouveaux fonds devra passer par la négociation avec le congrès.

Lors de son annonce jeudi soir à la Maison Blanche, Donald Trump a également parlé de sa propre histoire en parlant de son frère Fred, aujourd’hui décédé : "C'était un chic type, un homme bien, bien meilleur que moi... Mais il avait un problème, il avait un problème avec l'alcool, et il me disait : 'Ne bois pas. Ne bois pas !'. Il me le répétait à longueur de journées. Et je l’ai écouté. A ce jour, je n’ai jamais pris un verre".

Convaincu qu’il est plus facile de ne pas commencer que de faire marche arrière, Donald Trump a annoncé la réalisation de grandes campagnes de prévention pour éviter aux Américains et surtout aux plus jeunes de mettre le doigt dans l'engrenage de l'addiction.

Plus de 50.000 morts par an

Alors que les statistiques officielles font état d’environ 33.000 morts provoqués par les opiacés en 2015 aux Etats-Unis, la commission spéciale sur l’addiction et l’abus d’opiacés, mise en place par le président américain, estime quant à elle que 142 Américains sont décédés chaque jour d’une overdose en 2015, soit près de 52.000 victimes. Quoi qu’il en soit, c’est davantage que l’addition du nombre de victimes d’accidents de la route et d’homicides par balles.

"Nous pouvons être la génération qui met fin à la crise des opiacés", a affirmé Donald Trump. Un pari ambitieux, qui passe aussi par le développement d’analgésiques (antidouleur) non addictifs. Le président américain a ajouté qu’il comptait aborder le problème du fentanyl, un opioïde synthétique fabriqué en Chine, avec le président chinois Xi Jinping lors de son prochain déplacement en Asie, début novembre.

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