Réactions à la mort de Castro: "Un terme définitif à la Guerre froide"

Le décès de Fidel Castro, survenu ce vendredi soir, a provoqué de multiples réactions dans le monde entier.

Réactions belges

Pour le Premier ministre libéral Charles Michel, "c'est incontestablement une page importante de l'histoire politique mondiale qui se tourne, un terme définitif à la Guerre froide qui a tant divisé les populations au siècle dernier."

Il ajoute: "Je forme le vœu que le parcours politique de Fidel Castro puisse être étudié à sa juste valeur afin de permettre aux générations futures de ne pas privilégier des options de repli aux lourdes conséquences pour les peuples." Fidel Castro était en effet accusé par une partie des Cubains et de la communauté internationale d'avoir supprimé les libertés économiques et politiques dans son pays.

"C'est une page de l'histoire de Cuba et du monde qui se tourne," a commenté Didier Reyndersau micro de la RTBF. Le ministre des Affaires étrangères a également souligné sur les points sombres du dirigeant communiste "ll avait une manière de faire qui posait quelques problèmes, notamment en matière de droits de l'homme. C'est en effet un véritable régime révolutionnaire qui était installé. "

Réaction bien différente du côté du PTB, le porte-parole du parti Raoul Hedebouw a ainsi commenté sur Twitter: "Un symbole de la lutte des peuples opprimés pour l'indépendance, la santé et l'éducation nous a quittés."

De son côté, François Hollande décrit par communiqué un Fidel Castro qui "avait incarné la révolution cubaine, dans les espoirs qu'elle avait suscités puis dans les désillusions qu'elle avait provoquées."

Maduro en deuil

Le président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro - connu pour ses liens avec Cuba - est, lui, en deuil. Il a appelé samedi à "poursuivre l'héritage" du père de la Révolution cubaine, mort à 90 ans. "Tous les révolutionnaires du monde, nous devons poursuivre son héritage et sa bannière d'indépendance, de socialisme, de patrie humaine", a-t-il écrit sur Twitter.

Eloge similaire du côté de l'ex-dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev: "Fidel a résisté et a fortifié son pays au cours du blocus américain le plus dur, quand il y avait une pression monumentale sur lui et il a pu (...) mener son pays sur la voie du développement indépendant."

"Cet homme d'Etat émérite est à juste titre considéré comme le symbole d'une époque de l'Histoire moderne du monde", a déclaré le président russe Vladimir Poutine dans un message adressé au président cubain Raul Castro, ajoutant que "Fidel Castro "était un ami sincère et fiable de la Russie".

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré qu'avec "la mort de Fidel Castro, le monde perd un homme qui, aux yeux de beaucoup, faisait figure de héros. Il a changé le cours de l'histoire de son pays et son influence s'est étendue bien au-delà. Fidel Castro restera comme l'un de principaux révolutionnaires du 20e siècle. L'Histoire jugera son héritage."

Obama, Trump, le pape

Les propos de Barack Obama, président des Etats-Unis jusqu'en janvier 2017 résonnent un peu comme ceux de Jean-Claude Juncker, puisqu'il a déclaré vers 16 heures, heure de Bruxelles, que "L'Histoire jugera l'impact énorme" de Fidel Castro.

Le successeur de Barack Obama à la Maison Blanche, Donald Trump, a été beaucoup plus incisif. Il a ainsi déclaré qu'il s'agissait de la mort d'un "dictateur brutal qui a opprimé son peuple".

Le pape François a présenté ses condoléances au président cubain Raul Castro, à sa famille, ainsi qu'au peuple de sa "Cuba bien-aimée". Le pape est réputé pour avoir contribué au dégel historique survenu dans les relations américano-cubaines. "Je prie le Seigneur pour le repos de [Fidel Castro] et confie le peuple cubain à l'intercession maternelle de Notre-Dame de la Charité d'El Cobre, la sainte patronne du pays", a déclaré le pape dans un télégramme public.

Il avait "une stature historique", a réagi sur Twitter Marianno Rajoy, le chef conservateur du gouvernement espagnol, en soulignant dans un communiqué son impact pour Cuba et sa "grande influence" pour la région.

 

Réactions asiatiques et américaines dans les médias

Fidel Castro, l'homme qui a "tourmenté" onze présidents américains et "amené le monde au bord de la guerre nucléaire" lit-on dans le New York Times. Le dirigeant cubain était une "icône révolutionnaire," écrit le Los Angeles Times et un "leader répressif" pour le Washington Post.

"La Chine et Cuba sont de bons amis, de bons camarades", a assuré la chaîne de télévision nationale chinoise CCTV. "Cuba fut le premier pays des Amériques à établir des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine" a rappelé CCTV. Les deux pays se sont en effet rapprochés depuis la chute de l'URSS et les dirigeants chinois se sont rendus dans l'île à plusieurs reprises.

Au Vietnam, l'agence de presse officielle a salué "un grand dirigeant" qui fut "le brillant miroir des mouvements d'indépendance et révolutionnaires des nations d'Amérique latine et du monde". Le Vietnam et Cuba, tous deux anciens membres de la sphère soviétique, entretiennent des liens politiques et économiques étroits.

 

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