Un colloque organisé au Sénat belge irrite Bujumbura: "Une énième insulte!"

Willy Nyamitwe, responsable de la communication du président Pierre Nkurunziza, aux côtés de Freddy Mbonimpa, maire de Bujumbura le 13 février 2016.
Willy Nyamitwe, responsable de la communication du président Pierre Nkurunziza, aux côtés de Freddy Mbonimpa, maire de Bujumbura le 13 février 2016. - © STRINGER - AFP

Des responsables burundais ont réagi avec irritation à l'organisation ce lundi au Sénat belge d'un colloque consacré à la situation des droits de l'homme au Burundi, rapportent des médias locaux.

"C'est une insulte, une énième insulte ! C'est inacceptable. C'est une leçon, le peuple burundais tire la conclusion que la Belgique est toujours derrière tous les actes d'agression et de perturbation de l'ordre public dans le pays", a affirmé le responsable de la communication du président Pierre Nkurunziza, Willy Nyamitwe, cité par le journal 'Pressafrik'.

Il s'est insurgé contre cette réunion, qui, a-t-il dit dès lundi soir, n'a vu que la participation de la seule opposition et où l'on a proféré les pires mensonges sur le Burundi, dit-il. C'est la preuve à ses yeux que la Belgique joue un "rôle dans la déstabilisation du Burundi", a ajouté le conseiller présidentiel.

"Débat sur le #Burundi au @SenaatSenat avec des hors-la-loi est une insulte, preuve d'ingérence de la #Belgique", a-t-il renchéri sur Twitter.

Le président du parti politique burundais FNL (Forces nationales de libération (FNL), Jacques Bigirimana, qui se définit comme le président de l'opposition extra-parlementaire, a recommandé la rupture totale entre Bujumbura et Bruxelles lors d'une conférence de presse mardi à Bujumbura.

Un colloque "réhaussé de la présence" de la présidente du Sénat

Le colloque de lundi à Bruxelles était accueilli par le Sénat belge et était organisé par la section Belgique-Burundi du groupe belge de l'Union interparlementaire et le Collectif des femmes pour la paix et la démocratie au Burundi.

Les orateurs étaient issus notamment d'ONG burundaises - comme, par exemple, le président du Forum pour la Conscience et le Développement (FOCODE), Pacifique Nininahazwe, la journaliste et réalisatrice Natacha Songore et le président de l'Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), Pierre Claver Mbonimpa - et belges et des assemblées parlementaires belges.

Avant même sa tenue, le président du Sénat burundais, Révérien Ndikuriyo, avait déploré que son homologue belge, Christine Defraigne, ait décidé de "rehausser de sa présence" ce colloque, dans une lettre qu'il lui avait adressée le 15 novembre.

Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis que le président Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé, qu'il a obtenu en juillet suivant au terme d'une élection boycottée par l'opposition. Des violences ont fait plus de 1000 morts, 8000 personnes détenues pour des motifs politiques, 300 à 800 disparus, et ont poussé plus de 300 000 personnes à l'exil, selon la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH).

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