Tchad: début de la cérémonie d'investiture de Deby, malgré la contestation de l'opposition

L'opposition conteste la réélection de M. Deby au premier tour en avril avec près de 60% des voix, loin devant son premier poursuivant, Saleh Kebzabo.
L'opposition conteste la réélection de M. Deby au premier tour en avril avec près de 60% des voix, loin devant son premier poursuivant, Saleh Kebzabo. - © ISSOUF SANOGO - AFP

La cérémonie d'investiture du président tchadien Idriss Deby Itno pour un cinquième mandat, après sa réélection contestée par l'opposition, devait commencer lundi matin en présence de nombreux chefs d'Etats africains dans un climat de tension au lendemain de la mort d'un manifestant.

Avant la cérémonie prévue à partir de 10h GMT, la télé d'Etat diffusait en direct de l'aéroport, en arabe et en français, l'arrivée de nombreux chefs d'Etat africains, alors que l'opposition a prévu de son côté de maintenir son opération journée "ville morte", a constaté l'AFP.

Le président soudanais Omar el-Béchir venu en voisin, des alliés de la France comme Ibrahim Boubacar Keita (Mali) ou Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique), l'Equato-guinéen Teodoro Obiang au pouvoir depuis 1979 ou le président béninois récemment élu Patrice Talon faisaient partie des chefs d'Etats qui vont cotoyer à la tribune le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, arrivé la veille.

La cérémonie d'investiture doit être marquée par 21 coups de canon, selon la télévision d'Etat qui ne mentionne à aucun moment les tensions de la veille.

Un jeune Tchadien a été tué par balle alors qu'il manifestait à N'Djamena à l'appel de l'opposition, un rassemblement interdit par le pouvoir. Le manifestant venait de "déchirer le drapeau du MPS", le parti du président Deby, a déclaré dimanche à l'AFP un officier de police sous couvert d'anonymat.

Le chef de file de l'opposition, Saleh Kebzabo, a affirmé que le jeune avait succombé à ses blessures après "des tirs à balles réelles des forces de l'ordre" pour disperser les manifestants.

L'opposition, qui doit se réunir dans la journée, a maintenu lundi sa journée "ville morte", non-interdite par le pouvoir contrairement à la marche de dimanche et à un meeting samedi.

L'opposition conteste la réélection de M. Deby au premier tour en avril avec près de 60% des voix, loin devant son premier poursuivant, Saleh Kebzabo (12,77%).

"Nous sommes surpris et déçus que la France envoie son ministre de la Défense" à la cérémonie d'investiture, a déclaré à l'AFP M. Kebzabo.

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