RDC: un mort par balle dans la répression d'une manifestation à Beni

Des gens argumentent auprès d'une femme dont le corps est transporté à l'hôpital à Beni le 15 août 2016
Des gens argumentent auprès d'une femme dont le corps est transporté à l'hôpital à Beni le 15 août 2016 - © KUDRA MALIRO - AFP

Un manifestant a été tué par balle mercredi lors de heurts avec les forces de l'ordre au cours d'une manifestation anti-gouvernementale à Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris de source hospitalière.

"Cette personne a été tuée par une balle qui est entrée par le dos sans sortir de son corps", a déclaré le Dr Jérémie Muhindo de l'hôpital de Beni, où plusieurs centaines de personnes manifestaient contre l'inaction des autorités contre les violences qui touchent la région depuis deux ans. "Cinq personnes blessées dont trois par balles", ont été admises pour des soins, a ajouté le Dr Muhindo à l'AFP.

"Un jeune homme a été tué par un policier près de la rivière Kilokwa", a confirmé le président de la société civile de Beni Gilbert Kambale. "Un policier a tiré à bout portant sur un jeune habillé en jeans", parce qu'il paraissait "le plus actif" lors de la manifestation, selon un témoin de la scène près du grand marché de Beni.

Massacres à l'arme blanche

Le territoire de Beni et ses environs sont en proie à une série de massacres principalement à l'arme blanche, ayant causé la mort de plus de 650 personnes depuis octobre 2014.

La dernière tuerie d'envergure a vu 51 civils tués dans la nuit de samedi à dimanche dans des quartiers nord de Beni, à la lisière du parc de Virunga, repaire des rebelles ougandais de Forces démocratiques alliées (ADF), selon un bilan de la société civile de Beni. Le gouvernement évalue de son côté le total des morts à 42.

La société civile de Beni avait décrété trois journées "ville morte" à partir de lundi. Les manifestants avaient noué autour de leurs têtes des étoffes tatouées "Amani" (paix, en swahili), pour clôturer le deuil.

Danger identifié

En visite-éclair à Beni mardi, le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo Mapon a été hué par la foule qui l'a appelé à la démission, en accusant les autorités de n'avoir pas protégé la population contre ce danger "bien identifié".

Le gouvernement congolais et la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) attribuent ces tueries aux rebelles des ADF. Une version partiellement remise en cause par des experts qui imputent également une part de responsabilité à des soldats de l'armée régulière.

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