RDC: la démission de Moise Katumbi, un coup dur pour le camp Kabila

Moise Katumbi
Moise Katumbi - © FEDERICO SCOPPA - AFP

En République Démocratique du Congo, le président Joseph Kabila est de plus en plus controversé. Il y a une semaine, sept partis ont quitté la majorité. Ils reprochent au président d'entretenir le mystère sur son éventuelle candidature à un troisième mandat. La Constitution le lui interdit. Et cette semaine, le très populaire gouverneur du Katanga, Moise Katumbi, a annoncé qu'il démissionnait.

Il démissionne de son poste de gouverneur. Et de son parti, le PPRD, le parti au pouvoir. Un coup dur pour le camp Kabila car Moise Katumbi, s'il est un rival plus ou moins déclaré du président Kabila, est tout de même un poids lourd du parti présidentiel. Un temps, on imaginait même qu'il pourrait succéder au président. D'où l'inimitié grandissante entre ce dernier et le gouverneur. 

Depuis plusieurs mois, Moise Katumbi dénonce la répression dans le pays. Le richissime homme d'affaires accuse surtout le président Kabila de chercher à se maintenir au pouvoir, en essayant de changer la Constitution. Ou en retardant les élections.

A ceux qui l'accusent de trahison, Moise Katumbi leur répond. Il était interviewé par radio Okapi: "Les gens qui voudront dans notre pays changer la Constitution, les gens qui voudront à tout prix que nous ne puissions pas avoir des élections en 2016, les gens qui veulent nommer les commissaires spéciaux, c'est ça la trahison. Mais si vous regardez, depuis que je suis venu au pouvoir j'ai dit que je vais respecter les textes, que je vais respecter la Constitution".

Et quand le journaliste de radio Okapi lui demande s'il sera candidat aux élections de 2016, il botte en touche: "J'avais dit que j'allais prendre un petit temps. J'ai une lutte à faire: protéger la démocratie dans notre pays. Renforcer la démocratie dans notre pays".

Moise Katumbi se positionne au dessus de la mêlée, applaudi par l'opposition. "Il attend son heure", selon un spécialiste de la politique congolaise. Le pouvoir parle lui d'un non-événement. Un pouvoir de plus en plus isolé. Sept partis qui faisaient partie de la majorité ont aussi mis les voiles, la semaine dernière.