RDC: l'Eglise demande à l'ONU de soutenir l'accord de sortie de crise

RDC: l'Eglise demande à l'ONU de soutenir l'accord de sortie de crise
RDC: l'Eglise demande à l'ONU de soutenir l'accord de sortie de crise - © JUNIOR D.KANNAH - AFP

L'évêque qui a aidé à négocier un accord de cogestion de la République démocratique du Congo jusqu'à l'élection d'un successeur au président Joseph Kabila en a appelé mercredi à l'ONU pour aider à concrétiser cette conciliation.

L'accord du 31 décembre, négocié sous l'égide de l'épiscopat, vise à sortir le pays de la crise politique née du maintien du président Joseph Kabila, 45 ans, à la tête de la RDC après l'expiration de son mandat.

Les parties ont convenu de maintenir Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de briguer un troisième mandat, à la tête du pays jusqu'à la tenue d'une présidentielle prévue "fin 2017".

Un accord après des mois de violences

L'accord a été conclu après des mois de violences et pourrait ouvrir la voie au premier transfert de pouvoir pacifique en RDC depuis son indépendance en 1960.

L'évêque Marcel Utembi, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo, qui a aidé à négocier l'accord, a dit devant le Conseil de sécurité que le peuple congolais comptait sur l'appui de la communauté internationale pour que l'accord devienne réalité.

"Le peuple congolais a salué avec grande satisfaction et joie la signature de l'accord politique et global", a noté Marcel Utembi, qui s'exprimait devant le Conseil par vidéo-conférence.

"Je demande une chose à la communauté internationale: elle doit aider à tout faire pour garantir le succès de cet accord dans sa mise en application jusqu'à l'organisation des élections présidentielle et législatives dans le délai convenu", a-t-il dit.

Différents obstacles

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, a pointé différents obstacles qui pourraient survenir, des groupes d'opposition qui doivent encore parapher l'accord jusqu'aux réserves exprimées par le parti de Joseph Kabila.

Sans le soutien de toutes les parties, "l'application de l'accord sera difficile et aura des conséquences nocives sur les plans politique et sécuritaire", a souligné Hervé Ladsous.

Celui-ci s'est notamment inquiété des récentes violences dans ce vaste pays riche en ressources naturelles, gouverné depuis 2001 par Joseph Kabila, quand il a assuré la succession de son père Laurent, assassiné.

Au moins 40 civils sont morts dans les affrontements entre manifestants de l'opposition et forces de l'ordre les 19 et 20 décembre, selon Hervé Ladsous.

C'est la responsabilité du Conseil de sécurité de promouvoir cet accord concernant la nomination d'un nouveau Premier ministre

L'ambassadeur français aux Nations unies, François Delattre, a mis en avant "une dynamique très positive" avec l'accord du 31 décembre et a noté que le Conseil devait tout faire pour l'appuyer.

"Je pense que c'est la responsabilité du Conseil de sécurité de promouvoir cet accord concernant la nomination d'un nouveau Premier ministre, la définition d'un nouveau calendrier électoral et concernant le respect des droits de l'homme", a-t-il dit.

L'ONU dispose environ de 20 000 Casques bleus en RDC, sa plus grosse mission de maintien de la paix.

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