Quand les roses du Kenya profitent à la vaccination contre le coronavirus en Afrique

Sur le tarmac de l’aéroport international de Nairobi, entre 8 et 13 avions-cargos embarquent chaque jour des tonnes de roses direction les quatre coins du monde ; 3000 tonnes sont exportées chaque semaine. Prochainement, ces cargos pourraient revenir au Kenya chargés de vaccins anti-Covid pour l’Afrique.

Une expertise logistique pointue

Si le Kenya est l’un des leaders mondiaux de la fleur coupée depuis plusieurs décennies, c’est parce que le pays a développé au fil des ans une expertise logistique exigeante, indispensable au transport de produits frais aussi délicats que les roses.

Le producteur kenyan Bliss Flora exporte chaque jour 100.000 roses. Récoltées à la main à plus de 2000 mètres d’altitude, elles sont ensuite transportées dans des camions frigorifiques, direction l’aéroport de Nairobi à plus de 150 kilomètres de là.

"Je suis impressionné par le savoir-faire kenyan quant au transport des produits frais comme les roses, explique Sachin Appachu, directeur général de Bliss Flora. Il y a un vrai professionnalisme dans la manipulation de ces produits délicats, dans la désinfection des boîtes et leur stockage à des températures constantes entre 2 et 8 degrés. Grâce à cela, 24 heures après leur récolte, les roses arrivent fraîches à Amsterdam."

Des roses aux vaccins

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"Quand la vaccination a démarré, nous y avons vu une vraie opportunité pour nous de mettre en avant nos infrastructures logistiques." © AFP

Alors que la campagne de vaccination s’accélère en Afrique – au total 25 millions de doses ont été acheminées dans 38 pays à ce jour –, le Kenya compte bien tirer son épingle du jeu. Le pays est un hub aérien important sur le continent, reliant la plupart des capitales africaines.


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"Quand la vaccination a démarré, nous y avons vu une vraie opportunité pour nous de mettre en avant nos infrastructures logistiques, commente Peter Musola, directeur général du fret de Kenya Airways, compagnie aérienne nationale. Nous avons une chambre froide à l’aéroport qui permet le stockage de produits agricoles entre 2 et 8 degrés. Et puis nous avons un grand congélateur qui peut atteindre les moins 20 degrés. Ce qui nous permet aujourd’hui d’assurer le transport de ces produits délicats."

En effet, les vaccins Sinopharm, AstraZeneca et Johnson&Johnson répondent aux mêmes exigences de conservation que les fleurs coupées, contrairement aux produits de Pfizer et Moderna qui doivent être conservés à des températures bien plus basses grâce à des congélateurs ultra-puissants, non disponibles en Afrique.

Des avions de passagers transformés en cargo

Au plus mal financièrement depuis la pandémie, Kenya Airways mise désormais beaucoup sur le fret et vient de transformer deux Boeing 787 transportant généralement des passagers en cargo réfrigérés pour agrandir sa flotte.


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Il y a quelques jours, l’Unicef a inscrit la compagnie aérienne kenyane dans la liste des transporteurs réquisitionnés dans le cadre du dispositif Covax, cette opération lancée par l’Organisation Mondiale de la Santé pour garantir un accès équitable à la vaccination. Objectif d’ici la fin de 2021 : vacciner 20% de la population africaine.

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