Les journalistes belges expulsés du Congo ont été victimes d'un piège

 Le journaliste Peter Verlinden et son équipe, ainsi que celle de VTM, ont été apostrophés par le ministère de l'Information.
Le journaliste Peter Verlinden et son équipe, ainsi que celle de VTM, ont été apostrophés par le ministère de l'Information. - © DIRK WAEM - BELGA

Les journalistes belges interpellés vendredi à leur arrivée en République démocratique du Congo sont de retour sur le sol belge. Ils ont récupéré, dans l'avion, leur passeport et leur smartphone qui leur avaient été confisqués, a indiqué samedi le journaliste de la VRT Peter Verlinden. Son équipe ainsi que celle de VTM ont été apostrophés par le ministère de l'Information. "Ils disaient que c'était pour finaliser notre accréditation. Nous y avons crû, mais c'était un piège."

Ces équipes devaient suivre la situation dans ce pays d'Afrique centrale agité par des tensions politiques à l'approche de la fin du mandat du président Joseph Kabila.

"On nous reprochait des erreurs dans les visas, mais tout était en ordre", a souligné Peter. "Nous n'avons pas encore récupéré le matériel de tournage."

Le journaliste de la VRT suit l'actualité au Congo depuis trente ans. "J'ai déjà été arrêté plusieurs fois mais je n'avais encore jamais connu cela. Du jamais vu", explique-t-il. "Cela en dit long sur le durcissement du régime."

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a recommandé vendredi aux Belges dont le séjour en République Démocratique du Congo (RDC) n'était pas essentiel de quitter le pays. Une décision que Peter Verlinden comprend. "Si vous avez beaucoup d'expérience, vous savez ce que vous devez faire. Mais la contestation typiquement anti-Belge et anti-blanc peut toujours mal tourner. Si ma femme et mes enfants étaient là, je partirais aussi."

La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de Joseph Kabila en 2011, aggravée par la non-tenue de la présidentielle et des législatives.

Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. Le chef de l'État, dont le second mandat expire le 19 décembre, reste sourd aux exhortations de ses détracteurs qui le pressent de déclarer publiquement qu'il ne sera pas candidat à la prochaine présidentielle, en principe prévue en avril 2018.

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